Le couple

homme et rêve

Sefa Mawuli

Michelle Gulman

Dans la pensée philosophique, le rêve reflète l'état d'esprit de l'homme, ce qui le trouble, ce qui l'intéresse, en fait l'obsession de l'homme. Dans les deux romans, Un amour de Swann de Marcel Proust et Le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, le sujet du couple se manifeste dans la forme du rapport entre homme et rêve. Ici, on voit comment les deux personnages, Swann (chez Proust) et Jacques Hold (chez Duras) créent dans leurs esprits un rapport entre eux-mêmes et les femmes avec qu'ils sont obsédés.

Ce brèf exposé du rapport entre l'homme et son rêve examinera comment le rapport entre le rêve et homme correspond à la réalité de la situation de chaque homme et de la femme qu'il aime. Aussi, cet exposé examine la nature de l'esprit de chaque homme et montrera comment dans son rêve, l'homme fabrique un rapport artificiel avec la femme qu'il aime.

Bienvenue au monde subjectif de Swann et Jacques Hold!

L'amour de Swann est le rêve de Swann

L'amour de Swann, dans le livre du même nom par Proust, existe dans un rêve. Il y a deux extensions de Swann dans un rêve: l'un regarde d'une perspective extérieure et objective, et l'autre joue un rôle principal, subjectif et immergé dans le drame de l'amour. Tous les événements d'Un Amour de Swann peuvent être considérés un rêve, et Swann les deux extensions d'un personnage. Lorsque qu'il n'est pas amoureux d'Odette, il joue le rôle extérieur et objectif. Il se comporte dans une manière qui est demandé par la société bourgeoise ou aristocrate-très propre, subtile, et plein de dignité. Quand il écoute la sonate, ses émotions s'emparent de sa raison, et il tombe dans le drame et la subjectivité. Il ne pense pas rationnellement, il devient jaloux et sentimentale, et il ne comporte plus propre et subtile comme un bourgeoise doit se comporter. L'amour de Swann pour Odette n'est qu'un état onirique incité par une mémoire involontaire-la sonate-que Swann associe avec elle. Après qu'il tombe amoureux d'Odette, il essaie de la contrôler. Comme dans un rêve, il ne peut rien contrôler, et Odette lui glisse entre les doigts.

Il y a deux rêves dans le roman qui sont les microcosmes des événements du livre. Ils montrent la dualité de Swann dans le rêve, et 'la chute' de Swann après qu'il tombe amoureux d'Odette, et il perd contrôle d'elle et de lui-même. "Il sentait bien que cet amour, c'était quelque chose qui ne correspondait à rien d'extérieur."

Le premier rêve a lieu quand Swann est encore amoureux d'Odette. Ce rêve montre le commencement de la chute de Swann, quand ses deux extensions séparent et perdent le contrôle.

"Un jour il rêva qu'il partait pour un an; penché à la portière du wagon vers un jeune homme qui sur le quai lui disait adieu en pleurant, Swann cherchait à le convaincre de partir avec lui" (219).

Swann est divisé entre deux hommes-les deux dans son rêve: "le jeune homme qu'il n'avait pu identifier d'abord était aussi lui; comme certains romanciers, il avait distribué sa personnalité à deux personnages, celui qui faisait le rêve" (252). Le premier-Swann dans le rêve-veut cesser le rapport avec Odette. Il est rationnel, et objectif. Il voit que "les qualités d'Odette ne [justifient] pas qu'il [attache] tant de prix aux moments passés auprès d'elle" (71). Le deuxième-le jeune homme dans le rêve-est le ça de Swann. Il est dicté seulement par ses émotions; il est l'extension subjective qui joue le rôle principal, plongé dans le drame de l'amour. Les deux parties de Swann se séparent, et sa chute commence.

Le deuxième rêve a lieu pendant la chute de Swann. Il est désespéré parce qu'il se rend compte qu'il ne peut pas contrôler Odette. Dans le rêve, Odette est inaccessible:

"elle le regardait avec des yeux pleins de tendresse…et il se sentait l'aimer tellement qu'il aurait voulu l'emmener tout de suite. Tout d'un coup Odette tourna son poignet, regarda une petite montre et dit: "Il faut que je n'en aille" (251).

Son départ symbolise son indifférence envers Swann. Les deux personnages-Swann et le jeune homme-sont les mêmes que dans le premier rêve. Ils sont ensemble cette fois, et le jeune homme est dévasté par le départ d'Odette: "le jeune homme inconnu se mit à pleurer. Swann essaya de le consoler" (251). Le côté rationnel essaie de conforter le côté émotionnel, et à comprendre sa tristesse. Cette scène montre le schisme entre les deux côtés de Swann-l'objectif et le subjectif-et comment Swann essaie de comprendre sa propre chute. Elle aussi symbolise que l'amour entre Swann et Odette n'est que le rêve de Swann.

Le ravissement de Lol V. Stein est le rêve du narrateur!

Dans Le ravissement de Lol V. Stein, Marguerite Duras nous présente un narrateur qui est aussi un personnage principal dans le roman. Le façon dont il écrit-- une histoire qui est une moitié ce qu'il voit et une moitié ce qu'il invente (Duras, 56)-- rappelle au produit d'un revêur. De plus, le langage du texte et l'ambiguite en ce qui concerne l'existence du personnage de Lol V. Stein suggèrent que comme le revêur qui observe les évènements qui se passent dans son rêve pendant qu'il participe dans ces mêmes évènements, le narrateur de cette histoire, Jacques Hold, fabrique cette histoire entière dans son propre esprit.

En tentant d'analyser le thème du rêve dans ce roman à ce propos, on découvre une espèce du couple dans la structure physique du texte-- c'est à dire, le rapport entre le narrateur et son écriture qui est analogue au rapport entre l'homme et le rêve. Pourtant il faut noter la distinction entre l'idée du rêve chez Duras et chez Proust. Ici, on emploie le rêve comme une métaphore pour la manque du narrateur de voir tout qui est réel de Lol V. Stein. Le rêve décrit comment elle lui échappe toujours et son désir de la contrôler, de la ravir dans son propre esprit. Ce qui est le plus important est que le rêve reflète l'absence dans ce texte, c'est à dire, ce qui n'est pas expliqué dans le texte à cause du fait que le narrateur nous plaçe dans un monde subjectif.

Le fait que Jacques Hold met le lecteur dans un état d'instabilité. Dans le même façon que le rêveur se perd dans son rêve, le lecteur aussi se perd dans le texte. On n'est pas sûr de rien dans le texte. Et la question du narrateur, c'est à dire, la question du texte, dévient la question du lecteur aussi: qui est Lol V. Stein? Qui est cette femme? Le lecteur a le sentiment que le personnage intitulé est perdu dans l'espace géographique.

La première indication que Lol n'existe que dans l'esprit du narrateur réside dans son nom entièr, "Lola Valérie Stein." La juxtaposition d'un prénom espagnol, un mi-nom français, est un nom allemand implique que c'est un nom à tiroirs. Cela est une indication que le narrateur ne la connaît pas, qu'il ne sait que les pièces, le petits détails d'elle. De plus, quand le lecteur trouve que le nom Lol V. Stein, "c'était ainsi qu'elle se désignait," (Duras, 23), on découvre le fait que cette femme n'est Lol V. Stein que dans l'esprit du narrateur.

On observe en lisant cette histoire qu'il y a quelquechose qui manque dans le portrait du personnage de Lol que le narrateur dépeint-- cela, ce sont les petits détails de la vie quotidienne de Lol. Par exemple, au début de l'histoire, le narrateur nous informe brèvement que Lol a des enfants, pourtant, il ne parle rien de ses enfants pendant le reste de l'histoire. Cet exemple montre que le narrateur n'informe le lecteur que des aspects de Lol qui ont de la signification pour lui. Cet exemple montre que malgré ses efforts de savoir tout de Lol, elle continue de lui échapper.

En essayant de la ravir, de la violer métaphoriquement, il la suit partout. Le texte suggère que son rapport avec Lol est un fait, un désir de pénétrer ses rêves: "Lol rêve d'un autre temps... ce rêve me contamine." (Duras, 187). Donc, ici, le texte suggère que le rêve du narrateur est ce qu'il perçoit comme le rêve de Lol.

Ayant ainsi établi le fait que ce roman est le produit du rêve du narrateur, on doit examiner le rapport entre le narrateur est ce personnage mythique, Lol V. Stein, en particulier, le rôle du couple l'homme et le rêve dans ce roman du point de départ de la question suivante: pourquoi le narrateur fabrique-il ce rêve d'une femme qui est si absente et si folle comme Lol V. Stein?!

En tenant compte le concept fondamental du rêve souligné dans l'introduction, c'est à dire, l'idée que les hommes rêvent des choses dans la vie réelle qui les éludent; dans ce cas Jacques Hold rêve d'une femme qui le lance dans un état du ravissement. Dans son essai, "Nadja, Dora, Lol V. Stein: women, madness and narrative," Susan Rubin Suleiman fait une comparison entre Freud et Jacques Hold dans ses rapports avec les femmes qu'ils aiment. Si Suleiman interprète le désir de Freud comme son désir pour "narrative mastery," on peut dire que ce qui échappe Jacques Hold est l'idée de comment écrire un texte. Donc, son désir de découvrir la femme qui existe derrière le rideau de l'absence et son désir de découvrir comment raconter un récit.

En conclurant, on voit que dans Le ravissement de Lol V. Stein, la femme est une métaphore pour ce dérange l'esprit de l'homme. Si le femme répresente l'écriture (cela c'est la philosophie des écrivain feministes), ce qui dérange l'esprit du narrateur chez Duras, ce qui est reflété dans ses rêves est comment écrire le texte?

La conclusion

Qu'est-ce qu'on peut dire du rapport entre homme et rêve? On voit dans ces deux romans, L'amour de Swann et Le ravissement de Lol V. Stein, les deux personnages, Jacques Hold et Swann, qui emploient le rêve pour recréer dans leurs propres esprit un rapport entre eux-mêmes et une femme avec qui ils sont obsèdes. Dans les deux romans, ces personnages sont mordus par un certain désir de connaître complètement les femmes qui les éludent. Donc, le rêve devient un moyen subjectif de contrôler ce qu'ils ne peuvent pas contrôler dans la réalité.

La bibliographie

Barrett, Cyril. Op Art. New York: The Viking Press, 1970.

Duras, Marguerite. Le ravissement de Lol V. Stein. Gallimard, 1964.

Fletcher, V. J. Dreams and Nightmares. Washington, D.C: Smithsonian Intitution Press, 1983.

Proust, Marcel. Un amour de Swann. Paris: Gallimard (Folio) 1954