Anna Robertson
French 185
Lacte décrire: Annie Ernaux et Pascal Duve
Un aspect essentiel des deux livres, Une Femme, écrit par Annie Ernaux et Cargo Vie par Pascal de Duve, est lacte décrire. Ils ne racontent pas seulement une histoire, mais ils expliquent aussi leurs processus décriture et leurs rôles comme écrivains et professeur de français. Ernaux gagne sa vie comme écrivaine et professeur de français, pendant que de Duve était professeur de philosophie. Les deux auteurs utilisent lacte décrire comme un moyen de régler les événements dans leur vie et en particuliér comment accepter la mort. Annie Ernaux commence son livre après la mort de sa mère et Pascal de Duve écrit son journal dans son voyage vers la mort.
Ernaux décide quelle va raconter lhistoire de sa mère pour mieux comprendre son enfance avec elle et pour régler leur passé. Lhistoire est autobiographique et Ernaux dit: Jai fait de même pour mettre au jour la vie de ma mère dans Une Femme(Tondeur, 38), mais la voix dans lhistoire nest pas celle dErnaux, sinon celle dune narratrice. Celle-ci se distancie de son sujet pour quelle puisse la voir simplement comme une femme, et dans le même sens, lemploi de la narratrice au lieu de sa propre voix est un moyen de se distancier pour Ernaux. La narratrice, la fille, cherche à comprendre la mère comme elle navait jamais réussi à le faire auparavant. Lauteur veut la mettre au monde(43) en écrivant sur elle. Une Femme est plus particulièrement axé sur ce processus didentification à la mère puisquil sagit dun ouvrage, ni biographie, ni roman,(106) qui est consacré à sa mère et par conséquent à la relation, souvent conflictuelle, entre mère et fille. Ernaux explique la vie de la mère de sa naissance à sa mort: son enfance, son mariage, la mort de son mari, laccident, sa cohabitation avec sa fille, et finalement sa chute dans la mort avec Alzheimer.
Ernaux utilise un style simple et nettement défini. Elle décrit le passé sans élaboration et sans idealisation, d'une façon la plus réelle que possible. Elle veut que les faits soient directs et francs pour voir sa mère comme un personnage réel avec ses qualités et ses défauts. Un exemple de son détachement extrême est illustré par les diverses listes qui décrivent certains évenements dans la vie de sa mère. Un matin dhiver....un été......à léglise....le dimanche après-midi...à un repas de communion. (49) Les mots se lisent rapidement avec un certain rythme qui souligne la distance. Le résultat de ce style est un blocage émotionnel que lauteur obtient dans son processus.
"Il y a deux mois que jai commencé, en écrivant sur une feuille ma mère est morte le lundi sept avril. Cest une phrase que je peux supporter désormais, et même lire sans éprouver une émotion différente de celle que jaurais si cette phrase était de quelquun dautre." (43) Elle commence à accepter la mort de sa mère, à cause de son expérience en écrivant, qui stimule les pensées et force a les préciser. No writer writes out of his having found the answer to the problem; he writes out of his having the problem and wanting the solution.(Brand, 15) La narratrice sapproche de cette solution.
Ernaux raconte les situations les plus difficiles avec sa mère pendant son adolescence- les luttes sur comment shabiller comme il faut, la religion, et le manque déducation formelle chez la mère. Ecrire ses sentiments au moment présent et se souvenir de son enfance est la seule manière pour la fille dexprimer tous les sentiments violemment négatifs quavait réveillés cette relation: haine intense et mépris profond quelle avait ressentis pour sa mère à partir de ladolescence.
Ce qui interesse Annie Ernaux, cest laspect ethnographique de son experience de vie et non sa specificité de femme ou dauteur. Elle dit vouloir travailler comme un ethnologue. Cest pourquoi elle nous convie à découvrir le milieu populaire de son enfance mais surtout linfluence fondamentale quil na cessé dexercer sur sa vision des choses. A la fin du livre, Ernaux arrive à la conclusion de la vie de sa mère. Maintenant, tout est lié. (103) Elle atteint son but en écrivant le livre, et maintenant elle se trouve dans un état plus stable et lucide. Sa mère est morte et son livre est fini. Lécriture est tout à la fois libératrice et porteuse de vérité.(Fau, 510) La narratrice trouve la vérité, qui est le fait que sa mère est partie. Maintenant, elle peut comprendre.
Le livre que de Duve écrit est un journal. Ceci sera un journal de bord; ce sera aussi un journal de corps et un journal de coeur. (11) De Duve est un homme récemment diagnostiqué avec la maladie, du sida. Il est aussi abandonné par son amant, E. Maintenant, il part en voyage sur un bateau. Pour lui, lécriture est une façon déxprimer ses émotions sur lamour et la maladie, bientôt la mort. Son écriture est très personelle, mais en même temps, il existe un côté plutôt public. Je suis le porte-plume de mes frères sidérés.... (32) De Duve veut être le porte-parole des personnes qui souffrent du sida.
Le journal ne raconte pas une histoire. Un journal est une liste didées aléatoires. Son style est informel, car il écrit premièrement pour lui-même. Il saute dune idée à lautre; un rêve à une déscription du voyage à E., à lidée du temps, au sida, à la religion. Cest un monologue intérieur; les lecteurs sont dans sa tête. En voyant ses pensées ce près, on comprend que de Duve est gravement blessé par E. Il utilise aussi le journal pour dire les choses à E. quil ne pouvait pas lui dire face-à-face. En exprimant ses pensées, de Duve commence le processus de guérison. Creative writers often cured themselves of their neurosis through their writings and experiences release, even exultation.(Brand, 22) En même temps quil est en train de guerir son coeur brisé, il est en train de mourir physiquement par sa maladie.
Ce nest pas seulement lécriture dans le journal qui est important, mais aussi les lettres quil écrit aux autres. Il parle beaucoup de ces lettres à E. E. ces lettres que je tai écrites: lettres mortes mais qui ont vécu surtout pour moi; ces pages damour que je tai consacrées...(18) Il décrit la lettre quil a reçue de sa soeur avant le voyage qui parle de son sida. Il écrit aussi une lettre à une jeune fille, Nicole, où il raconte son histoire. Finalement il écrit un petit billet en morse: tu sais, tout au long de ce voyage ensemble, je tai beaucoup aimé parce que tu mas beaucoup ému. Bon vent dans la vie.(116) En écrivant les lettres, il est capable de dire aux personnes ces vrais sentiments; ce quil ne peut pas dire à haute voix. On voit que de Duve a un grand problème pour communiquer avec les autres. Lécriture est essentielle pour lui. Même en lisant son journal, les idées sont quelque fois difficiles à comprendre. Elles sont très abstraites, ce qui montre sa profession de philosophe.
"En écrivant, on se révèle à soi même et aux autres. (32) De Duve apprend beaucoup sur lui même pendant son voyage. Ce voyage nest pas seulement une excursion physique, mais aussi un voyage intellectuel et spirituel. Il obtient un nouveau sens de sa propre fortitude et il peut résister à la souffrance. Sa puissance est apparente dans son désir daider les autres et avertir les jeunes du sida. De Duve écrit pour oublier E., combattre la Mort, accepter le sida, adresser au public le sujet du sida, et souligner les autres malades avec le sida.
En lisant Une Femme et Cargo Vie, on découvre que le lecteur nest pas le point focal. Ernaux et de Duve écrivent, pour la plupart, pour eux mêmes. Lécriture est une espèce de thérapie qui permet à une personne de penser et de creuser dans leur propre esprit pour mieux comprendre leur situation. Ernaux ne peut pas accepter que sa mère est morte, mais après avoir écrit son livre, elle le peut. De Duve se trouve inondé par sa maladie et son manque damour. A la fin du journal, il est dans un nouveau point dans sa vie. Quoique le sujet des deux livres, qui est la mort, soit déprimant, le lecteur termine avec un sentiment despoir. Cest apparent que les auteurs obtiennent finalement la paix dans leur âme. Peut être tout le monde doit-il écrire dans quelque moyen.
Bibliographie
1. Ernaux, Annie. Une Femme. Paris: Gallimard, 1987.
2. Brand, Alice Glarden. Therapy in Writing. 1980. D.C. Heath and Company.
3. De Duve, Pascal. Cargo Vie. 1993. Jean Claude Lattès.
4. Fau, Christine. "Le Problème du language chex Annie Ernaux." French Review Volume 68, no.3, Feb.1995
5. Lebrun, Jean-Claude. "Qu-est ce que la littérature." 1997. Internet.
6. Levesque, Andréa. "Annie Ernaux: Lécriture et la vie." Internet.
7. Tondeur, Claire-Lise. "Entretien avec Annie Ernaux". French Review, Volume 69, No.1, October 1995.