Robert Doisneau
L'Amour sous L'Occupation
écrit par Lisa Dermer

Robert Doisneau nous présente une image éternelle de lamour
en face des tragédies et des souffrances avec sa photo Lamour sous
loccupation. Doisneau est né en 1912, il était soldat pendant
la deuxième guerre mondiale jusquà ce quil doive quitter
larmée à cause dune maladie quon craignait être
la tuberculose. Ce départ est devenu permanent à cause de loccupation
de la France par les Allemands en 1940. Doisneau aimait les optiques de la vie
ordinaire et y trouvait la beauté. Au lieu de chercher un instant décisif,
une combinaison de structure et action quil faut chasser, Doisneau sappelait
un « pêcheur des images ». Ses photographies créent
des récits sujets à interprétation. Il ne préférait
prendre ni la violence ni la haine ni la pauvreté en photo. Donc quand
il est resté à Paris pendant loccupation de 1940 à
1944, il a choisi de photographier les citoyens de Paris. Comme le flâneur
décrit par Baudelaire, il observait et enregistrait les rues de la ville.
Il préférait des uvres plus difficiles à faire que
celles du désespoir, où « the combination of creativity,
chance, play, even désobéissance, contrives to produce a magical
effect » (Hamilton 30). Ainsi Lamour sous loccupation est
sans doute une photo de la période de loccupation, cependant son
sujet nest pas loppression du peuple français mais comment
ils se sont débrouillés sous loccupation.
La composition déclairage, structure, et couleur suggère
un récit sur le couple dans la photo : leur lutte présente, leur
futur indistinct, et les événements qui les ballottent. Au premier
plan, on trouve une barricade de fil de fer barbelé qui est la seule
indication de la turbulence du monde extérieur de la photo, elle rappelle
lhorreur des camps de concentration et de la guerre de tranchées.
Derrière la barricade il y a un chemin long et large, qui aboutit à
un immeuble indistinct. La géométrie de la photo attire lil
jusquà
la fin du chemin. La rangée darbres, le chemin, le mur, et le ciel
tous avancent vers ce point dòu leurs lignes semblent rayonner.
Il semble que le chemin soit une métaphore pour le passage de temps,
et le monde avance vers quelque chose. On peut voir quelle existe, quoique
sa forme soit floue.
La scène est manifestement parisienne, en fait elle se trouve dans le
célèbre jardin des Tuileries. À chaque côté
du chemin il y a une rangée darbres, quoiquà la gauche
un mur bas la sépare du chemin. Les arbres sont parfaitement alignés
et droits, presque régimentés ; ils ressemblent à une file
de soldats. Comme ils sont derrière les amants qui sont le sujet de la
photo, ils semblent les regarder en secret, comme des agents cachés du
gouvernement. Quoiquils représentent la nature sur la photo, leur
présence est menaçante et leur ordre parfait nest pas naturel.
Les troncs des arbres se retrouvent dans les planches qui forment la barricade
en bas de la photo. Ainsi le bois forme un cadre à trois côtés
de la photo, mais elle est ouverte en haut où elle termine avec le ciel.
Comme la photo est en noir et blanc, ce triangle de ciel apparaît presque
blanc, donc il sharmonise avec la feuille blanche sur laquelle la photo
est souvent présentée. Ceci renforce lapparence dune
photo ouverte et lumineuse. Le ciel est la seule source de lumière dans
la photo, donc léclat semble sélargir vers la feuille
de papier. La photo est donc très claire dune lumière naturelle.
À la gauche du couple il y a une lampe à gaz qui nest pas
allumée. Elle représente la technologie, mais sur la photo elle
est inutile : le soleil éclaire la scène. Ainsi elle montre linutilité
et la futilité de la société. Derrière les arbres
à gauche de la photo, on peut voir à travers leurs troncs un fleuve
et son autre bord. Il reflète un pont entre les deux bords. Le thème
de la photo se retrouve dans ce pont, qui à la fois unit et sépare
les bords, comme le couple est unis mais aussi séparé du monde.
Le courant du fleuve semble représenter le monde qui change très
vite autour de la scène calme. Leau passe par les arches ouvertes
du pont, qui reste en place : comme le couple, il a la fortitude de résister
du changement.
Deux croix faites de planches font un espace dans la barricade et au-dessus
forment un cadre pour les deux amants qui sont le sujet de la photo. Ils sont
assis près de la barricade, de lautre côté du photographe.
Ils sont habillés en couleurs sombres et avec des vêtements formels,
ils ne sont ni vieux ni jeunes : ils sont ordinaires. Les deux sont seuls dans
la photo, on voit à mi-chemin une table et des chaises vides. Leur solitude
est palpable ; il semble que le photographe est un intrus dans un moment privé.
Le couple reste sur deux chaises quon voit de profil. Les pieds de leurs
chaises sont des croix en fers, les lignes ressemblent aux planches croisées
de la barricade. Les croix renforcent limpression dun arrêt
au premier plan de la photo et rappellent le symbole de la souffrance des chrétiens.
Sur les chaises, lhomme est derrière et la femme devant, il la
tient des deux ma
ins
et elle sincline vers lui, en se cachant la figure dans son épaule.
Donc on ne voit que la figure de lhomme. Il a les yeux fermés,
et sa bouche forme un sourire doux et tendre. Ils semblent se consoler. Une
valise et un sac sont par terre devant les chaises et un sac à main est
accroché à la chaise de la femme. Ces possessions suggèrent
un voyage, en contraste avec le couple complètement immobile. Ces affaires
semblent rester en désordre, nimporte comment, mais les amants
sont élevés sur leurs chaises et ainsi isolés de leurs
possessions. Leurs chaises sont parfaitement en ligne, donc on ne peut voir
quun peu des pieds de la chaise de lhomme : il semble quil
flotte à côté de la femme. Cela renforce sa manière
paisible et angélique. Leur étreinte ressemble à celle
dun père et de son enfant, il la protège. Leur pose crée
une régularité de couleur : le blanc des mains et de la chemise
de lhomme, et les jambes et mouchoir de la femme, coupent le noir de leurs
vêtements. La juxtaposition des couleurs les rendent frappants sur la
photo, et attire lattention de la visionneuse. Le couple semble avoir
traversé la barricade pour obtenir cette époque tranquille où
ils nont que leur amour pour se soutenir.
Doisneau prenait plusieurs photos de Paris sous loccupation, mais à
cause du prix du matériel il fallait économiser. Donc penda
nt
ce temps, il employait des modèles et fabriquait des scènes pour
photographier (Hamilton 96). Il est probable quil a construit cette scène
avec lintention de montrer lamour sous loccupation. Doisneau
montrait la vie quotidienne des Parisiens pendant cette période, mais
ici il présente un testament à lamour qui pouvait aider
les gens à continuer la vie quotidienne. En face de leur pays occupé,
représenté par le fil de fer barbelé, et les changements
dans leur vie, représentée par leurs sacs et lécoulement
du fleuve, ce couple trouve un instant de paix et solitude dans un coin inchangé
de la ville. Le chemin symbolise leur futur indistinct à travers la guerre.
Il est vide dans la photo, à ce moment on ne sait pas qui vivra dans
le futur proche. Les amants ne savent quils avanceront ensemble. La barricade
semble être un bref instant sur le chemin de leur vie. Donc la photo a
un message despoir et montre loptimisme de Doisneau. Loccupation
finira et la ville sera la même. Lamour durera à travers
loccupation et dans toutes les situations difficiles du monde. Le point
de vue du photographe et pour des gens qui voient la photo est de lautre
côté de la barricade du couple. Donc la scène est vraiment
une vision despoir pour le futur, vue par les Français sous loccupation.