Sumire Kawai
Lauren Farr
Surréalisme dans deux médias
Inattendu! Surpris! Imprévu! Ces mots décrivent ce quon trouve dans les uvres surréalistes. Nous en avons choisi dans deux médias peinture et poésie dans lesquelles on retrouve ces éléments thématiques afin de vous présenter une définition du surréalisme.
LES OBJETS:
"Les Valeurs Personnelles" de René Magritte
Les uvres de René Magritte sont de bons exemples surréalistes parce que les sujets dans ces tableaux montrent un aspect typique et important du surréalisme. Cela cest le thème de la juxtaposition des choses quon ne sattend jamais à voir ensemble.
Dans la peinture Les Valeurs Personnelles, on y trouve quelques objets qui sont dessinés de manière ni pratique ni normale. On est dans une chambre à coucher; cest évident à cause du lit et de larmoire,
mais est-ce quon est vraiment dedans? Les murs de la chambre sont remplacés par le ciel et les nuages! Magritte a peint ce qui doit être au dehors, dedans. Les couleurs quil utilise soulignent cet aspect du réarrangement entre le dehors et le dedans. Toutes les choses dans la chambre ont un côté naturel; la couleur brune et la couleur dargile quon remarque dans larmoire, les tapis, la couverture, le peigne, la pillule, et le sol évoquent limage de la terre, et puisque le verre a la couleur bleue du ciel et loreiller est blanc comme les nuages, il y a un lien entre le dehors et le dedans. Il a aussi changé les tailles des objets dans cette peinture, donc ils ne sont pas proportionnels aux meubles de la chambre. Le verre et lallumette sont dhabitude à leur place dans la cuisine, et le peigne, la pillule, et le blaireau sont à leur place dans la salle de bains.
Il y a aussi un aspect de rêve dans ce tableau créé par les nuages dans le ciel. Il y a une certaine légèreté et une sensation que la chambre sélève dans le ciel parmi les nuages. Le miroir symbolise notre capacité réflexive; on peut penser, en fait, on doit penser, et ça crée le lien entre limage dans ce tableau et ce que Magritte veut quon fasse en le regardant.
Le but de Magritte est dessayer de nous faire repenser et revoir le monde en dessinant les objets ordinaires dans un contexte bizarre et tout à fait différent. Il a choisi ces choses qui font partie de notre vie quotidienne et qui ont des fonctions distinctes afin de mélanger la perception de la normalité. Il nous pose la question Quest-ce que cest que la réalité? en juxtaposant les objets de façon imprévue.
De plus, Magritte sintéressait au processus des pensées, et il voulait que les observateurs de ses uvres réfléchissent aux raisons pour lesquelles on accepte une réalité offerte et établie par la société. Il se demande sil est inacceptable de placer des objets de telle manière quil les a présentés dans sa peinture. En fait, Magritte attaque ces idées de la réalité quon a acceptées comme la vérité et la norme. Les juxtapositions des objets servent à questionner leur utilité et leur rôle.
Le thème de linattendu qui est courant dans lart surréaliste, se trouve aussi dans la poésie surréaliste dans la forme de lamour fou et lénigme de la femme.
LAMANTE ET LA MUSE:
la Femme dans le poème surréaliste, Une de Paul Eluard
La femme est fréquent dans la poésie surréaliste. Les surréalistes etaient attirés par les contradictions dans la vie, et leur attitude à légard de la femme nétait pas une exception. Ils la voyaient, en meme temps, comme lobjet du désir physique et comme quelque chose de céleste. Ils étaient obsèdés par cette contradiction. La femme se trouve souvent dans la poésie dEluard, pour qui lamour était toujours lié à la douleur. Cette contradiction est au fond de lidée de lamour fou dont parle Breton-- les surréalistes ne séparaient pas les éléments opposés comme lamour et la haine, la joie et la tristesse. Cest évident dans Une dEluard, avec bien dautres éléments surréalistes, comme lunion entre la nature et le céleste, les quatre éléments naturels, et un manque de structure regulière pour la rime et le rythme.
Dabord, les premiers trois vers sadressent a un groupe des femmes, probablement ses amantes du passé.
Je suis tombé de ma fureur, la fatigue me défigure,
mais je vous apercois encore, femmes bruyantes, étoiles
muettes, je vous apercevrai toujours, folie.
Puis, les prochains trois vers sadressent à Une-- probablement la plus récente dans cette succession des femmes- sa muse du moment.
Et toi, le sang des astres coule en toi, leur lumière
te soutient. Sur les fleurs, tu te dresses avec les fleurs,
sur les pierres avec les pierres.
Les derniers deux vers donnent limage de la femme tombée. Sa puissance de linspiration est éteinte, comme toutes les autres femmes avant elle.
Blanche éteinte des souvenirs, étalée, étoilée, rayonnante de tes
larmes qui fuient. Je suis perdu.
Cette séparation entre les trois parties est le seul élément de structure. Presque tous les vers ont des nombres différents de syllabes, et il ny a pas de rime sauf quelques exemples de rime interieure comme, leur et fleur, lumière et pierres. Ce manque de structure traditionelle reflète le désir surréaliste de se revolter contre lart traditionel. De plus cette structure est plus comme une pensée ou une conversation- quelque chose auquel on na pas pensé avant et qui, ainsi, contient lélément du hasard, linattendu.
Après cette organisation générale du poeme, le premier élément qui saute aux yeux du lecteur est la métaphore de la femme comme une étoile. femmes bruyantes, étoiles muettes, puis, le sang des astres coule en toi, leur lumière te soutient, et finalement la femme est Blanche éteinte des souvenirs. Sans souvenirs elle na pas dindividualité- rien qui la sépare dautres femmes. ...étalée, étoilée, rayonnante de tes larmes qui fuient: cest une image qui fait penser que la femme tombée est comme le ciel et ses
larmes sont des étoiles. Ainsi Une joint les autres femmes qui sont venues avant elle, et Eluard va l apercev[oir] toujours. Cest comme si on voyait la lumiére des vieilles étoiles, même si elles ont disparu depuis très longtemps.On penserait que cest un grand compliment dappeler la femme une étoile, mais en fait cest plutôt une métaphore qui emprisonne la femme dans la role de la muse muette. Cette idée fait penser au mannequin dAndré Masson, Girl in a black gag with a pansy mouth, et à la peinture de Roland Penrose, Portrait of Valentine. Les femmes dans les deux images sont baillonnées et emprisonnées: la femme de Masson avec le baillon et la cage aux oiseaux, et la femme de Penrose avec des papillons et le cercle des épines. Parler est une caractéristique dindividualité et dintelligence pas toujours presente pour la femme dans le monde surréaliste. La muse, comme létoile muette, doit être froide, distante, et belle. De plus, astre est un mot masculin, et leur lumière te soutient. Cest à dire que la fortitude de cette femme (et de toutes les femmes) est quelque chose qui lui est donne par les hommes. Elle ne peut pas se soutenir elle-même. Puis, à la fin, la fortitude la quitte. Il semble que les astres qui lui donnent de la vitalité dans le sang, la quitte comme des étoiles dans ses larmes, et elle nexiste plus, elle est éteinte. Cest important de remarquer que étoile est un mot féminin, ainsi on a lidée que la femme a corrompu cet élément de fortitude masculine et la transformé en quelque chose de féminin et de faible. Ainsi, on peut comprendre que lartiste ou le poète surréaliste voulait controler la femme et maintenir la distance et le silence nécessaire pour ne pas détruire lidéal de la muse.
En même temps quEluard regarde les femmes comme des créatures faibles, pour lui elles sont comme quelque chose de céleste. Il les vénère. Ce poème contient le thème surréaliste de lunion entre la terre et le céleste, et les quatre éléments du cosmos qui se trouvent souvent dans la poésie dEluard. La femme, elle-même, est lunion de ces éléments. Elle est létoile, et aussi elle est inséparable de la nature. Sur les fleurs, tu te dresses avec les fleurs/ sur les pierres avec les pierres. Pour les éléments naturels, les astres représentent la feu, le sang et les larmes représentent leau, les fleurs et les pierres représentent la terre, et le ciel représente lair.
Un thème aussi contradictoire que le mélange du désir et la vénération, est le thème de lamour fou qui est évident surtout dans la première et la dernière strophe. Après que ses rapports avec une femme sont terminés, il est épuisé et confus. Je suis tombé de ma fureur, la fatigue me défigure.... Je suis perdu. Lalliteration du f insiste sur son épuisement, comme sil respirait avec difficulté. Le mot folie qui termine la premiére strophe est très frappante parce quil est à la fin, separé par une virgule, et le mot est très court avecs des son durs, au contraire des mots précédents qui avaient des sons plus longs et douloureux. Même sil ny a pas de point dexclamation, folie est une exclamation- peut être une lamentation, peut être une accusation. La folie est en même temps lamour et la fureur- un autre mélange inattendu. Le contraste de sonorité est évident partout, et cela donne limpression que le poète sent en mème temps du dégout et du regret. Les sons de ou ou er sont courts, et donnent limpression de désespoir, et les sons de air et eur sont plus douloureux. Par exemple, tombé, défigure, étalée, étoilée, et vous, toujours, soutient, muettes sont courts. Fureur, toujours, leur, fleurs, et lumière, pierres sont des sons longs. Pour insister davantage sur cette contradiction on trouve un mélange de sons courts et longs dans le même mot: défigure, toujours, lumière.
Bien que le poème semble être centré sur la femme, cest plutôt une expression des sentiments du poète: ses émotions, ses idées. Cest évident dans le genre des mots et la répétition des mots comme je. Eluard commence le poème avec Je suis tombé. Puis, la première strophe contient ma, me, je , et je. Puis presque tous les mots qui suivent sont comme un bombardement de mots féminins sauf le sang des astres: fureur, fatigue, étoiles, folie, lumière, fleurs, pierres, Blanche, éteinte, étalée, étoilée, rayonnante. Pourtant, la dernière phrase est Je suis perdu. Ainsi, il commence et il termine avec je. Cest comme la plupart des Surréalistes qui traitaient des sujets differents dans leurs oeuvres, mais au fond ils voulaient sexplorer eux-mêmes simplement en employant ces éléments du monde autour deux.
Ainsi, Une de Paul Eluard exprime la rôle contradictoire des femmes dans le monde surréaliste. La femme est la muse- lunion essentielle entre le ciel et le terre et lunion entre les quatre éléments. Elle est quelque chose de beau et déternelle, Je vous apercevrai toujours. Elle était la source de la passion et du désir physique- le feu qui est bientot éteint. Voici la source de lamour fou. Ils cherchaient lidéal, mais ils ne trouvaient que la sexualité. La femme est une énigme, une paradoxe. La passion et le désir, linspiration et le céleste- tout est encorporé dans la femme, la plus grande source de la joie et de la douleur.
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