Français 102: Paris: Myth or Reality?Pomona College
                                Karina Caravia, Matthew Carter, et Astrid García
 

        Ces trois essais ont pour but l'illustration de comment les idées surréalistes sont exprimées dans la peinture, la poésie, et la musique.  Un peintre surréaliste très célèbre est René Magritte (1898 – 1967). Magritte a decouvré le surréalisme avec les peintures de Giorgio de Chirico.  Du début, Magritte a dominé le mouvement surréaliste de la Belgique avec ses peintures choquant.  Le style de Magritte est de mettre les chose de la vie quotidienne dans une contexte bizarre.  Par conséquant Magritte donne de nouvelles significations à objets familières.  L’essai souvant La Parole dans l’art de René Magritte examine une example du style de Magritte.  Puis, une composition sur la musique d'un des compositeurs les plus célèbres de France, Darius Milhaud, s'intitule “Saudades Do Brasil.” [Un lien pour écouter cette composition est soulignée la dessous]  Puis, une explication d’un poème surréaliste, s’intitule Leurs Yeux Toujours Purs, par le poète français, Paul Éluard.  Tous les trois artistes était parmi les artistes le plus connus du mouvement surréalistes pendant les années entre guerres, et restent importantes comme les racines de plusieurs de nouvels mouvements d’aujourd-hui.
 

LA PAROLE DANS LES PEINTURES DE MAGRITTE
     par Astrid García

     “When no specific idea is imposed upon language, it seems to take over control and flood, as it were, directly from the unsconcious on to paper, where its configurations escape the determinism of reasoned expression.” (Cardinal & Short)

         Bien que Cardinal et Short aient parlé de la poésie surréaliste, cette description concerne aussi un des styles de René Magritte.  Un des but de tous les Surréalistes était de choquer la raison comme nous la connaissons.  René Magritte a utilisé des mots dans ses peintures pour bouleverser notre conscience.
         Magritte présente une réalité stupéfiante dans L’Usage de la parole (1927).  Dans cette peinture, Magritte a peint des pierres avec les noms des images au lieu de peindre les images.  Ce style pictural nous amène à un autre niveau: le royaume de l’imagination.

                                                                                                                                                                                                                    L'Usage de la Parole (1927) dessin

Les seuls détails que Magritte nous a donnés sont les position des images, le fusil, le cheval, la chausée, les ombres, le nuage et l’horizon.  Le résultat est que nous pouvons créer notre tableau comme nous le voulons, mais le vide du tableau est troublant.  L’image qui se forme dans notre imagination est d’échapper à la solitude de la peinture, mais nous ne pouvons pas parce qu’il n’y a pas de chaussée, de cheval, de l’horizon, etc.  Magritte nous a coinces dans son tableau.  Cette technique de stimuler les sens et l’imagination est caractéristique des Surréalistes.  Un des leurs buts était d’arriver aux endroits  cachés où notre conscience est libérée des contraintes.
         Dans La Trahison des Images (1929), René Magritte nous fait perdre notre sens rationnel, et nous sommes libres de toutes les suppositions que nous pouvions faire.

                                                                                                                                                                        La Trahison des Images (1929) peinture a l'huile

Pour quelques secondes presque nous nous demandons: “Mais, si, c’est une pipe?” La grandeur de la pipe réaffirme que oui c’est une pipe, mais la juxtaposition de l’image et des mots qui réduisent cette image choque la stabilité de notre raison.  Une pipe a une forme très calmante. Ses courbes lisses et la rondeur du fourneau est familier à notre sens.  Une pipe est solide, et ne change pas.  Magritte a défié la stabilité de la pipe avec sa déclaration et par conséquent il a perturbé notre réalité qui est toujours fixe.
         René Magritte nous renvoie avec sa pipe à l’année1952 à une autre peinture qui a le même nom, La Trahisons des Images.  Dans ce peinture Magritte confirme une autre fois que “Ceci continue de ne pas être une pipe.”

                                                                                                                                                                            La Trahison des Images (1952) dessin

Il y a une difference très importante entre les deux tableaux.  La peinture de 1929 est la représentation de une pipe comme nous la connaissons, mais la peinture de 1952 ressemble à une plaque.    L’idée de “Ceci continue de ne pas être une pipe”  continue de ne nous pas convaincre, mais la plaque a une connotation de permanence.  En utilisant une plaque, Magritte se moque du concept d’ une réalité qui est doublement fixe.
         Quoique Magritte veuille nous convaincre avec ses peintures qu’ il n’y a pas de pipe là, nous savons que la pipe existe et que les mots mentent.  La trahison ne vient pas des images, mais des mots.  Mais il y a aussi une autre possibilité, peut-être les mots sont-ils plus importants que l’image, et que l’image ment.  Les deux perspectives sont vraies. Cette dualité de la réalité stupéfie la stabilité de notre raison encore une fois.  Il y a une dernière possibilité qui peut expliquer la peinture: Ce n’est pas une pipe, mais c’est la peinture d’une pipe.  Cette possibilité est aussi stupéfiante parce que c’est tellement simple mais tellement vrai.   Notre raison ne nous laisse pas réfléchir immédiatement à cette possibilité évidente parce que c’est la nature humaine de chercher la complexité.
         En utilisant les mots dans ses peintures, Magritte a réussi à illustrer le déluge que Cardinal et Short ont décrit.  Magritte a écrit les mots sans idée spécifique, mais nous voulons une interprétation fixe et précise.  En la cherchant, il y a un déluge de nos pensées parce que les mots n’ont pas d’importance.  Nous cherchons dans rien et ne trouvons rien.  Ce sont des lettres vides à moins que nous leur donnions leur signification. Magritte comme les autres Surréalistes a compris que la signification des mots est subordonnée à notre concept individuel de la raison.  Les peintures de Magritte sont très provocatrices.  Elles nous demandent: Qu’est-ce qu’il y a dans le sens des mots?  Est-ce qu’il y a un sens dans le sens?
 

.
LA MUSIQUE SURREALISTE
    par Karina Caravia
 

         Darius Milhaud, né en 1892, est devenu un des compositeurs les plus célèbres de France.  Il a étudié au Conservatoire de Paris, et plus tard il est devenu un membre des Six, le groupe de six jeunes compositeurs français. Pendant la prèmiere guerre mondiale, il ne pouvait pas aller dans l’armée parce qu’il etait handicapé.  Donc, à l’age de 25 ans, il est allé au Brésil et il est tombé amoureux de ce pays d’Amérique du sud.  Particulièrement, il a aimé les carnavals, toujours pleins de vie et de couleur.  Quand il est retourné á Paris, il n’arrêtait pas de penser au Brésil.  Inspiré par les mélodies et les rythmes de la musique brésilienne, il a écrit  “Saudades Do Brasil.”                         [Cliquez sur l'image pour ecouter cette composition:]
         “Saudades Do Brasil” est une combinaison magnifique de musique classique et de musique moderne brésilienne.  Le morceau, qui est un exemple de musique surréaliste, commence avec un son lent et puis le son devient très éclatant et dissonant.  Le changement d’un son doux á un son très fort donne l’impression de surprise, qui est un élément surréaliste.  La dissonance crée un son inconu et différent de ce qu’on trouve normalement dans un morceau classique.  La juxtaposition d’aspects contraires qui existe dans le surréalisme existe aussi dans le morceau, parce qu’il y a l’aspect classique combiné avec l’aspect populaire.  La musique brésilienne, comme la Samba par exemple, est très rapide et la batterie est très utilisée.  Le son de la batterie, les cloches, et les cymbales que Milhaud utilise dans le morceau c’est comme celui qu’on écoute dans les défilés et les carnavals.  Il unit ces instruments avec les instruments classiques, comme le violon, pour crée le son original de “Saudades Do Brasil.”   La musique brésilienne donne de l’energie et de la joie á la musique classique, et elle donne quelque chose de dramatique à la musique brésilienne. Cette union de musiques différentes crée un son unique et puissant.   Il y a quelques arrêts dans la musique qui ajoutent un élément dramatique, et il y a quelques sons de trompettes et de cloches qui créent un élément d’humour á cause de l’effet surprise.  Ici, on trouve une autre juxtaposition surréaliste--celle de le dramatique et le comique.
    Dans quelques parties, la musique change d’une façon imprévisible; c’est à dire, quelque fois il n’y a pas un rythme constant.  La musique joue, puis elle s’arrête et soudain elle recommence très vite. Mais il y a encore d’autres parties où on peut trouver une sorte de refrain.  Là on a  l’impression d’écouter une chanson simple et ordinaire, pas un morceau de musique complexe.
         L’idée de la danse est important dans cette partition parce que Milhaud était inspiré par les carnavals du Brésil quand il l’a écrit, et la danse est un aspect principal dans les carnavals.  En fait, quand on écoute la musique on sent comme si on faisait partie d’un de ces carnavals célèbres.  Il y a beaucoup de musique éclatante et plein de rythme et d’énergie dans les carnavals parce qu’il faut que ce soit de la musique avec laquelle le gens puissent danser et s’amuser.
         La capacité de Milhaud pour composer de la musique classique, de la musique moderne, et une brillante combinaison des deux comme on a vu dans “Saudades do Brasil,”a fait que Milhaud soit consideré un des plus célèbres compositeurs de France et que sa musique soit admirée pour toujours.
 

Explication d’un poème surréaliste,
         par Matthew Carter

                                          Peinture surrealiste de Paul Eluard par Salvadore Dali:

 

            “Leurs Yeux Toujours Purs”
                        par Paul Eluard

         Jours de lenteur, jours de pluie,
         Jours de miroirs brisés et d’aiguilles perdues
         Jours de paupières closes à l’horizon des mers,
         D’heures toutes semblables, jours de captivité.

         Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles 
         Et les fleurs, mon esprit est nu comme l’amour,
         L’aurore qu’il oublie lui fait baisser la tête
         Et contempler son corps obéissant et vain.

         Pourtant, j’ai vu les plus beaux yeux du monde,
         Dieux d’argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
         De véritables dieux, des oiseaux dans la terre
         Et dans l’eau, je les ai vus.

         Leurs ailes sont les miennes, rien n’existe
         Que leur vol qui secoue ma misère
         Leur vol d’étoile et de lumière
         Leur vol de terre, leur vol de pierre
         Sur les flots de leurs ailes,

         Ma pensée soutenue par la vie et la mort.
           Écoutez ce poème!
 
 

     Une marque importante du mouvement surréaliste était la simulation, en forme littéraire, du manque de clarté qui existe dans le monde quotidien, en dehors de l’art.  Ils ont réproduit cette opacité par l’emploi des motifs et techniques étranges, et aussi par l’image des poèmes eux-mêmes.  L’explication des poèmes surréalistes est, comme la vie qu’ils décrivent, une affaire difficile et compliquée.  L’obscurité devient importante elle-même- elle représente les liens psychologiques obscurs et “la vérité” cachée que les surréalistes cherchaient.  Plusieurs de ces techniques du style et images de l’obscurité se trouvent dans “Leurs Yeux Toujours Purs,” d’abord avec la sonorité du titre lui-même.  L’effet de la douceur est crée bien sûr, mais comme titre ce n’est pas très clair ni informatif.  Il semble que les effets du style, les sensations qui sont provoquées sont presque physiques.  Le but principal pour les surréalistes était de provoquer ces sensations, de remplacer la raison par les sentiments, l’irrationnel.  Les sonorités jouent un rôle très important à cet égard- il y a un rythme, une cadence difficile à décrire qui donne de la cohésion à ce poème. On a un  exemple, dans la troisième strophe oû le “d” crée une sorte de martèlement:
     Pourtant, j’ai vu les plus beaux yeux du monde,
     Dieux d’argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
     De véritables dieux, des oiseaux dans la terre…

    Quoique le sens soit obscur et l’identité de ces “dieux” inconnue, il existe des liens de sonorité entre les vers- dieux, oiseaux, beaux, yeux.  Ce rythm qui court dans ce poème forme une structure.  C’est une structure des liens entre des choses complétement différentes- par exemple, la nature en forme de mer, et l’humain, représentée par les miroirs brisés. Paradoxicalement, les Surréalistes ont montré ces liens entre des choses différentes par l’emploi des contrastes, de juxtapositions étranges.  Ce poème commence avec un contraste- deux images de la lenteur et de la pluie, qui créent un effet doux, qui sont suivies par l’opposé- images dures et tranchantes- {les miroirs brisés et les aiguilles} qui provoquent presque une réaction douloureuse dans le lecteur.  Ici, il y a un lien entre l’aspect physique et l’aspect humain- les miroirs brisés sont {métaphoriquement} les paupières closes du troisième vers, incapables de voir ou de réfléchir.
     Les Surréalistes voulaient détruire la dichotomie classique qui avait établi les divisions dans la connaisance humaine, entre la naturel et l’humain, par exemple.  Ils ont utilisé n’importe quelles techniques litteraires qu’ils pouvaient trouver pour établir leur nouveau paradigme- par exemple, la personnification des yeux, le vers libre, et l’absence de ponctuation, pour créer l’effet d’être sans limites.  Dans ce poème, le rythme est abandonné de temps en temps, à la fin de la troisième strophe, et dans le vers final.  Le ralentissement dans la quatrième strophe en forme de vers courts et presque fatigués, est une autre interruption de la cadence du poème.  L’abandon du passé, et le développement du nouveau étaient les buts principaux des surréalistes. Les fils conducteurs, le sens clair et la structure rigide de plusieurs des anciens styles et mouvements étaient abandonnés.  Il faut réapprendre les règles de l’art, ne pas chercher “la raison” sans sentir d’abord les emotions qui sont provoquées, les sonorités, et les ambiguités sur lesquelles le poème repose.  La personne qui se sent mal à l’aise dans son corps est peut-être un amant, et “les yeux” du titre sont ceux de son amour.  Est ce que son amour est une femme?- la nature? L’oiseau qui a inspiré son esprit?  C’est surtout un poème provoquateur, plein d’images peu claires, liées par un système, une structure qui encourage une certaine libérté d’interpretation.
      Avec cette liberté, donc, le lecteur commence à comprendre davantage le sens du poème par les sonorités, par les images différentes mises ensemble.  À la fin de la première phrase, il y a un soupçon de ce qu’Éluard disait- c’est l’image d’une captivité, d’un homme caché de “l’horizon des mers,” une image de la douleur, et du passage lent du temps.  La deuxième strophe n’est pas beaucoup plus claire, mais on suppose que le narrateur décrit un homme qui pensait pendant toute la nuit, jusqu’à l’aurore.  Il semble désespèré avec son corps, avec l’aspect physique, tandis que le narrateur l’a surpassé.  Celui-ci est devenu en accord avec la nature, à cause de la beauté naturelle: les “yeux” du titre.  Il les compare avec des images de la nature- par exemple les roches précieuses, les oiseaux, et surtout les ailes.  Maintenant les paupières closes de la première phrase sont ouvertes et vivantes.  Les pensées du narrateur sont soutenues par la vie et la mort, ou peut-être la proximité des deux.
 
 

Bibliographie

Microsoft Corporation. Microsoft Encarta. 1994

EMI Records. Berstein Plays Milhaud. Orchestre National de France

Eluard, Paul.  "Les yeux toujours purs" dans Capitale de la douleur. Paris: Poésie/Gallimard. 1992.