Tamara Chellam: "Parade" d'Erik Satie

Rory Vanloo: "Pointe" de Pierre Reverdy

Michelle McCarthy: "La Pleureuse" de Pablo Picasso


Notre projet est un mélange des aspects différents de cubisme tels que l'aspect abstrait des oevres celui d'improvisation et de confusion. A cause de la diversité, le lecteur peut gagner un sens général du cubisme de Pablo Picasso, de Pierre Reverdy, et d'Erik Satie. Ces chefs d'oeuvres évoquent un sentiment pour la vue et pour l'ouie. Chaque personne aura une image mentale différente.

Ecoutez Parade

Parade, un morceau de musique écrit pour le ballet, a été composé par Erik Satie en 1917 pour un grand orchestre ou un concert de pianos. Satie, né en 1866 et mort en 1925, était un compositeur que l'on peut qualifier de cubiste car il était excentrique et imprévisible comme la plupart de ses compositions. Sa musique est mélodieuse, harmonieuse, et créative avec un style cubiste qui est très évident. Parade est une composition très longue qui dure 16:11 minutes. Pour comprendre son aspect cubiste, il faut analyser seulement deux ou trois minutes du morceau. J'ai choisi les trois dernières minutes de sa composition qui ont la diversité de la pièce entière. La raison pour laquelle je les ai choisies, est parce que cette petite partie représente toute la pièce. C'est simplement un exemple plus court que tout Parade, qui résume plusieurs éléments cubistes que l'on peut trouver partout dans la composition.

La première partie que j'ai choisie illustre la confusion et l'improvisation qui est typique du cubisme. Il y a une grande commotion de sifflements, de cymbales, et de tambours, accompagnés de fanfare et de flûtes. On peut imaginer que chaque musicien invente quelque chose à jouer sans parler aux autres. Ça c'est ce qu'on peut entendre, si on écoute le morceau. Mais si on écoute quand tout est calme, on imagine une grande parade avec les acrobates et une troupe; une grande pagaille de gens dans les rues qui célèbrent quelque chose de spécial. C'est la confusion des instruments et de sons différents qui donnent cette illusion. Cette partie est aussi un exemple de l'humour parce qu'on veut rire quand on entend les sifflements. C'est très amusant d'entendre ces sons bizarres au milieu d'une composition de ballet. Cette partie caractérise l'aspect humoristique de la pièce.



Après cette partie, on constaté une métamorphose dans l'ambiance du morceau. On entend une mélodie sombre qui n'a pas la flamboyance de la partie précédente. Ce contraste entre la partie sombre et la partie vivante est un élément cubiste qui se trouve dans toutes les formes d'art cubiste. Pendant la pièce entière, on entend des va-et-vient dans la musique. C'est comme un homme perdu qui ne peut pas se trouver lui-même et essaie d'expliquer sa vie avec la musique. Satie a sacrifié sa vie pour la musique et à cause de cela, il a perdu son identité dans sa musique. On ne sait pas pourquoi ce morceau s'appelle Parade mais je pense qu'à ce temps-là de sa vie, il sent beaucoup de confusion et cette pièce pouvait exprimer ce sentiment.

Un autre élément cubiste qui apparaît au cours du morceau est le manque de détails. Dans l'art visuel, ce manque est plus reconnaissable dans les images floues. Dans la musique, c'est un peu plus difficile à remarquer. La pièce coule de partie en partie sans les points d'orgue auxquels on peut s'attendre. C'est comme si on parlait sans égard pour les virgules ou les points avec des phrases longues et compliquées qui continuent pour toujours. Il est difficile de reconnaître les instruments, les sections séparées du morceau, et les attitudes différentes du ballet. Comme un vrai cubiste, Satie composait sans égards aux détails.



Ce qui est typique de la musique cubiste c'est un sens abstrait et conceptuel, sans définition. C'est à l'auditeur d'interpréter la musique et d'inventer une histoire pour l'accompagner. La pièce est lente, puis rapide; dure, puis douce; sombre, et puis vivante. C'est l'auditeur qui doit créer le sens pour lui-même sans instructions par le compositeur. Cette partie devient bizarre et quelquefois la musique atteint son point culminant et puis tombe au point d'arrêt pour seulement un bref moment. C'est une musique interactive et conceptuelle pour la personne qui l'écoute car il faut comprendre ce qui se passe avec la musique, ou peut-être inventer quelque chose de fantastique. C'est très cubiste d'avoir ces éléments abstraits dans une pièce d'art. Il est difficile de saisir les thèmes du morceau à cause de cette abstraction.

Satie était un compositeur fondamentalement cubiste car il était abstrait lui-même, il ne laissait jamais quelqu'un voir sa maison. C'était un homme privé qui ne révélait rien. Comme l'art visuel et la poésie du temps précédent et pendant la première guerre mondiale, il fallait avoir de l'imagination pour comprendre les artistes. Cette composition, Parade, capture vraiment l'essence cubiste.

De même le poète Pierre Reverdy a écrit des poèmes que l'on peut appeler cubiste, tel le poème intitulé Quoique le poème "Pointe" de Pierre Reverdy soit très court, il contien beaucoup d'éléments cubistes dans le style, la forme, et le contenu. Reverdy, né en 1889, a écrit "Pointe" entre les deux guerres mondiales, quand il a fréquenté Apollinaire. Donc, on voit dans "Pointe" la mentalité fragmentée d'après-guerre, avec d'autres influences cubistes d'Apollinaire. On verra pourquoi on l'a appelé le poète cubiste par excellence.

En effet, rien dans le poème n'est défini. Par exemple, au deuxième vers, "Quelqu'un se cache," ce qui produit un élément de mystère et on se demande "qui est cette personne?" De plus, au quatrième vers, le lecteur se demande, "où est-ce qu'on pourrait approcher?" Comme toutes les oeuvres cubistes, on peut interpréter le poème de plusieurs façons.



La forme extérieure du poème est très cubiste à cause de la fragmentation et le mélange des mots. Le manque de ponctuation mêle les mots et les concepts et rend les rapports entre les vers ambigus. Quand on regarde l'extérieur du poème, on pense que c'est un fouillis de mots qui n'a pas de sens et qu'on a mis ensemble au hasard. Reverdy structure le poème d'une manière fragmentée car il varie la longueur des vers et l'endroit où il les commence. Comme les vers sont de longueurs différentes, le dessin a beaucoup de pointes à la fin des vers. Comme Apollinaire, Reverdy utilise le dessin pour montrer le titre et les idées du poème, dont je vais parler plus tard. Aussi, il y a une déformation des frontières normales des strophes, des vers et des mots comme la déformation dans "La Femme qui Pleure" de Picasso. Ecoutez Rory lire le poème

Le flot est aussi fragmenté, comme les rimes et les sonorités changent sans modèle particulier. Le troisième vers rime avec le quatrième vers (bruit et ennemi), comme le cinquième, sixième, et huitième (fendue, étendus, et éperdu), et aussi le neuvième, dixième et onzième (croix, voit, croit). Plusieurs pointes métaphoriques se caractérisent par des sons durs, comme "pourrait," "approcher," "bruit," "aller," "trop," et "près." Par contre, d'autres sons comme "sans" et "peur" sont plus doux. Ce mélange de sons donne une sonorité fragmentée.

La géométrie est aussi évidente dans "Pointe," avec les images de la croix et des deux bras étendus. Ces images ont beaucoup de triangles, si on pense aux bras tendus vers le ciel. Cette géométrie est étrange avec ces images qu'on peut voir comme allusions au Christ sur la croix en contraste avec le monde terrestre.

Tout le poème est très noir, avec la nuit dans un bois et un "ravin noir", mais au milieu du poème, on a une image de lumière: "Dans l'ombre un regard fixe/Un éclair éperdu". La juxtaposition ici donne un contraste très fort entre l'éclair et l'ombre et les mots "éperdu" et "fixe," qui sont opposés.

Reverdy montre aussi la quatrième dimension en suggérant d'une part, "Tout ce qu'on voit/Tout ce qu'on croit". Ces deux vers établissent que Reverdy parle de tout ce qu'on peut imaginer dans la vie, parce qu'il n'y a pas de limite qu'on peut mettre sur l'imagination. D'autre part, il parle des choses spirituelles comme le Christ sur la croix. Il y a une dimension ici qui se compose de ce qui est présent, mais qu'on ne peut pas voir. Par exemple, la personne qui se cache, le vide, et l'ennemi sont tout invisibles aux yeux, mais ils sont là dans le poème et ils sont importants. On doit utiliser plus de nos cinq sens pour la comprendre.


Le titre "Pointe" est très cubiste, car il est abstrait et comme il n'y a pas d'article défini, on peut l'interpréter de plusieurs façons. La pointe peut être celle d'un triangle. "Pointe" peut aussi être l'impératif de "pointer." D'ailleurs, la personne qui se cache "pointe" de l'ombre. Aussi, l'éclair pointe de l'obscurité. De plus, il y a des éléments de surprise. D'abord, on trouve un jeu de mots ici, comme au cinquième vers: "En tombant la nuit s'est fendue." Normalement, quand on dit que la nuit tombe, c'est qu'elle va venir. Pourtant, la nuit est identifiée avec une personne juxtaposée à un objet concret; la personne tombe et l'objet se fend. Comme les peintres cubistes font, Reverdy dissocie et réarrange des éléments d'une réalité concrète en mettant de la surprise dans son poème. Puis, à la fin, le "ravin noir où tout s'efface" est aussi surprenant. Dans un poème où on parle de la nuit et du Christ (la croix), un mot comme "tout" est très puissant, et s'y a un ravin où tout s'efface, c'est très surprenant. Cet étonnement et cette fin puissante sont une manière de créer une "pointe" littéraire. Ce dernier vers a un effet similaire, et c'est pourquoi Reverdy l'a mis à la fin du poème.

Pablo Picasso est peut être le nom du peintre cubiste le plus célèbre. "Un trait extrêmement caractéristique de Picasso. . . est la facilité avec laquelle il passait du calme et d'une évidente bonne humeur à des mouvements de contrariété et des explosions de colère." Entre 1931 et 1937, Pablo Picasso a changé son style des demi-lunes et des courbes des années vingt aux lignes nettes et aux lignes marqués. Un bon exemple est son chef d'oeuvre "La Pleurante" fait en 1937. Cette peinture était influencée par "the agony caused by fascist aggression on humanity."

La première fois qu'on regarde "La Pleureuse", on est saisi par l'expression des yeux, de la bouche et aussi par les couleurs. Les yeux sont marqués avec des lignes noires et des cils épais. Ils sont tous ronds du choc de l'événement désastreux. Picasso laisse l'observateur sentir l'émotion de la femme par les yeux. Les yeux sont des portes de l'âme, à une âme troublée. Ses sourcils sont inclinés, comme elle est aussi inquiète. Une ride se forme entre ses yeux.

Cette angoisse de la femme est accentuée par la bouche. Elle est ouverte, toute blanche, et les lignes qui sortent de la bouche signifient les sanglots de la femme. Il y des rides au dessous de la bouche qui ont la forme du froncement de sourcils. La femme lève une main comme si elle voulait couvrir sa bouche, peut-être veut-elle assourdir ses cris. Autour de la bouche on voit des lignes dentelées qui montrent sa douleur.

Les couleurs attirent l'observateur. Ce sont les couleurs vivantse, mais sourdes. Picasso a utilisé le jaune, le vert, le rouge, et le bleu avec du gris, du brun, et du noir pour créer une humeur sombre. Ses vêtements noirs créent un aspect de douleur, le deuil. Pourquoi y a-t-il beaucoup de gris sur du fond de son visage? J'associe le gris avec la vieillesse et même la tristesse. La douleur de la femme peut être si forte qu'elle viellit.

A cause des couleurs et du style du chapeau (qui n'est pas un chapeau ordinaire), je pense que la femme se préparait pour une fête, mais quelque chose s'est passé et elle n' y est pas allée. La région grise est en forme de coeur. Elle pouvait avoir un coeur brisé, ou peut-être est-elle si blessée qu'elle sent son coeur dans son cou comme elle étouffe sur un grand morceau. Quelque soit la raison, Picasso voulait dépeindre une femme qui est si saisie par l'angoisse qu'elle ne pouvait pas la supporter.

Un aspect caractéristique des peintres cubistes est la superposition de quelques points de vues. Ici, il y en a trois. Au premier abord, on voit la femme de profil. Le nez est à droite mais on ne voit pas l'oeil en profil. On le voit en entier. Dans le deuxième point de vue, on regarde la femme de face. On voit tout le visage, mais au troisième plan, on voit une femme qui couvre sa bouche, quoiqu'on puisse la voir encore. C'est la bouche du deuxième plan.

Derrière elle il y a un mur. L'arrière-plan n'est pas de mer, du ciel, ou d'un champs. C'est un mur est c'est important parce qu'il communique un sentiment de limite. La douleur enferme la femme. Elle ne peut pas bouger, elle étouffe.

Le style avec lequel Picasso a fait "La Pleureuse" est une bonne réprésentation du cubisme. On a les cubes, les formes géométriques, les différents points de vues du même objet, et la distortion du corps. Les peintures cubistes ne sont pas faciles à déchiffrer parce que chaque fois qu'on les regarde, on peut trouver une chose nouvelle. De plus, la signification de chaque chef d'oeuvre variera de personne à personne. Dans "La Pleureuse", tout ce que Picasso a utilisé est dirigé vers un but: communiquer la douleur de la femme; les couleurs, les plans du visage, les mains, l'expression des yeux et de la bouche.


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