Jenny Chung
Cassie Chong
Camille Morhardt
Eglise de Varengeville, Soleil Couchant (Monet), Soleils Couchants (Verlaine), et En bateau (Debussy) sont trois oeuvres qui représentent quelques aspects de l'Impressionnisme: l'importance de la lumière, la couleur, et le mouvement. La création de l'atmosphère (l'impression) que ces artistes évoquent est plus importante que les détails. Comme les peintures impressionnistes, ces oeuvres soulignent la lumière et le mouvement afin de recréer la fragilité du temps dans la nature.
La peinture "l'Eglise de Varengeville, Soleil Couchant" par Monet est un excellent exemple de l'impressionnisme. On voit comment la peinture ou la lumière, la couleur, et le mélange du naturel et de l'artificiel créent une atmosphère de calme et de chaleur. Je voudrais montrer comment Monet suggère une impression de cette scène à Varengeville.
La lumière est l'un des aspects les plus importants dans l'art de Monet, dont Levine dit: "Monet's art was therefore at once the inevitable consequence of a historical evolution towards an ever more precise rendition of light in its ephemeral effects..." (13). Dans sa peinture, "l'Eglise de Varengeville, Soleil Couchant" comme indique le titre, la lumière joue un rôle essentiel et en regardant le tableau on voit qu'elle domine la scène, tandis que le soleil se couche. Ce moment de la journée est plein de suspens car le soleil sera bientôt parti et la nuit est imminente. Mais Monet construit ce paysage pour évoquer une impression extrême de calme. Il nous fixe ce temps de la journée comme s'il existait toujours, donc on n'est pas pressé de se baigner dans la lumière. Monet évoque cet effet d'illumination par son choix de couleurs: "Color is my day-long obsession, joy and torment" (Arts and Council of Great Britain) a-t-il dit.
Les couleurs du tableau sont toutes celles qu'on trouve dans la nature, qui créent l'impression d'un moment. Il emploie toute la gamme du spectrum, du violet, dans la vallée isolée au rouge, qu'il utilise pour accentuer l'effet du soleil sur le feuillage qui pousse juste devant nous. L'orange commence à l'ouest, où le soleil se couche, et continue jusqu'à l'église, qu'elle allume. En fait, la lumière devient une partie de l'église, qui, a son tour, devient une partie de la colline. Ainsi, l'orange saute la vallée qui n'a plus de soleil, avec l'aide d'un pont de couleur qui arrive a côté de nous, au premier plan. Il y a aussi trois sections de couleur qui traversent la peinture comme un arc en ciel. Ces bandes de couleur commencent là où le soleil se couche avec la couleur à peu près orange. La seconde section qui occupe le milieu de la peinture est verte. Et la dernière bande est au premier plan. On pourrait dire qu'il y a aussi une quatrième bande dans le coin ou Monet a signé . Ce motif donne l'impression de continuité, et représente peut-être le cycle que le soleil fait.
Les trois aspects de "l'Eglise de Varengeville, le Soleil Couchant" que Monet a incorporés dans son tableau: la qualité de la lumière, son choix de couleurs et leur arrangement, et la conjonction entre la nature et l'église créent une impression de sérénité dans la fragilité du temps trouvé dans la nature.
Dans le poème, "Soleils Couchants", (Poèmes Saturniens), on peut voit tous les aspects artistiques de Verlaine, peintre et musicien. La poésie de Verlaine, comme une peinture impressionniste, avec des rythmes fugaces, des rimes faibles, reflète les touches imprécises d'un pinceau, qui espère rendre une atmosphère, un sentiment, un moment dans le temps. "Soleils Couchants" communique un air de regret, le sentiment de quelqu'un de perdu, à la dérive, le désespoir d'une personne qui considère l'arrivée du crépuscule avec remords.
Les rythmes précipités, mais toutefois hésitants créent une tension comme s'ils révèlaient une préoccupation avec le temps, le passage du temps, comme s'il voulait l'arrêter . Mais comme le texte déplore les "étranges rêves" qui "défilent sans trêves", comme les "soleils couchants sur les grèves", peut-être comme une vie qui passe trop vite, le rythme du texte accentue le passage rapide de l'aube au coucher du soleil. "Soleils Couchants" a des rythmes courts et fruyants. Le texte est composé des vers impairs qui crée un effet pressé. Comme l'oreille attend un rythme régulier, le rythme irrégulier nous presse d'un vers à l'autre. Donc, le rythme, lui-même, "défile sans trêve", reflétant et renforçant la tension entre le passage du temps et l'essai de capturer et d'arrêter le temps à un moment précis. De plus, le rythme constant crée un effet hypnotique, donnant un aspect musical.
"Soleils Couchants" emploie un nombre limité de rimes faibles et incorpore énormément de répétition pour évoquer une atmosphère intime et une qualité musicale. En faisant rimer les deux mots "affaiblie" et "mélancolie" ou "champs" avec "couchant" et en utilisant les répétitions des mots, des sons et de la structure des rimes, Verlaine révèle la musicalité de sa poésie. La répétition des mots "mélancolie" et "défilent", pour exemple, illustre la répétition des mots, mais de plus, la répétition des son, le son "i". Par ailleurs, Verlaine emploie la répétition dans la structure des rimes: abab abab cdcd cddc. Comme la structure d'un morceau de la musique, peut-être comme une berceuse donc l'usage du verb "bercer", l'oeuvre commence avec les rimes croisées et finit dans la dernière strophe avec une rime embrassée. De plus, la structure des phrases: quatre vers, quatre vers, huit vers, donne l'impression d'un berceuse; le tempo ralentit.
Avec les répétitions placées irrégulièrement, et l'enjambement comme règle et non comme exception, le poème crée la spontanéité, l'inspiration soudaine, et un air intime. La nature des rythmes et, par ailleurs, les rimes pauvres qui produisent aussi l'effet de la vie mouvante et insaisissable de la conscience. Donc, il semble que Verlaine ait écrit l'oeuvre comme une réponse immédiate à une scène qui se déroule devant ses yeux. De plus, en construisant une seule phrase faite d'une série de propositions subordonnées, enfilées l'une après l'autre, et un rythme rapide, son style ressemble aux touches rapides d'un pinceau sur une toile.
Avec ces touches rapides, Verlaine peint des images obsédantes, donnant un sentiment de tristesse non définie qui est devenu la marque de l'oeuvre verlainienne. En comparant un soleil couchant "sur les grèves" aux "fantômes", en décrivant comment les "étranges rêves, comme des soleils...défilent sans trêves", le poète renforce l'aspect vague et indéterminé de la tristesse et souligne la nature affaiblie de la lumière, et peut-être la fragilité de la vie.
La structure des phrases, du tempo du poème, évoque aussi l'image du soleil couchant et peut-être l'image du passage de la vie. L'usage du mot "berce", semblable à une "berceuse", evoque une image de l'enfance, passée qu'on ne peut jamais regagner. L'arrivée du crépuscule joue un rôle important parce qu'elle signifie l'arrivée de l'obscurité et, avec elle, la mort. Donc, la longueur de la dernière phrase, la nature de la rime embrassée, qui crée un sentiment de fermeté, signifie la fin de la journée et la fin de la vie.
L'usage du paysage brumeux et rêveur de l'automne de l'aube au crépuscule, ces images indistinctes, voilées, larmoyantes, plus que les mots des vers, crée un effet émotionnel plutôt qu'intellectuel. Verlaine, n'analyse pas ses sentiments dans sa poésie, mais il les fait sentir par les sonorités et les images d'une "aube affaiblie" ou des "étranges rêves" comme les "fantômes vermeils".
Le titre de cette pièce est En Bateau, et on peut comprendre pourquoi. La combinaison du piano et du violon crée une image de l'eau et d'un bateau. Il semble que les notes du violon sont le bateau sur l'eau du piano. Au début, le violon joue un thème legato avec des notes plus légères pendant que le piano joue un accompagnement qui consiste en notes émouvantes qui sautent et sont incongrues. Cela crée un effet d'ondulations. Le piano est comme un moteur qui crée une impression de mouvement (comme l'eau qui propulse le mouvement) pendant que le violon, en même temps, soutient la même note.
Le pièce commence tranquillement avec les notes du violon qui ne sont pas consécutives et le piano qui les soutient. Ce moyen crée de la tension. Les notes sautent et sont plus rapides avec plus de notes courtes. Le piano et le violon commencent à alterner. Cela crée un effet de tension désagréable. Ensuite, la pièce reprend le thème du debut. Debussy nous rappelle le thème avec le piano qui le joue pendant que le violon joue des notes plus courtes. C'est la première fois qu'il fait cela, mais ça ne dure pas longtemps. A la fin, la mélodie revient, et la pièce finit tranquillement.
Le rythme contrôle l'effet d'écoulement, comme les mots en poésie dont le rythme est essentiel. Les poètes font attention à la longueur des mots et aussi à leur sonorité. Debussy fait la même chose, mais avec des notes.
Bibiographie: Herbert, Robert L. Monet on the Normandy Coast. New Haven: Yale U. Press. 1994. Levine, Steven Z. Monet and His Critics. New York: Garland Publishing. 1976. Arts Council of Great Britain. Claude Monet London. The Curwen Press. 1957.
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