Angela Bretthorst ("Jardin Sous la Pluie", Debussy)
Elana Kilberg ("Chanson d'Automne", Verlaine)
Céline Van Doosselaere ("Etretat, Soleil Couchant", Monet)

Impressionisme dans trois média

Nous retrouvons dans le poème "Chanson d'Automne", la pièce "Jardins sous la Pluie", et le tableau "Etretat, Soleil Couchant" des éléments stylistiques et thématiques qui joignent les trois médias sous la définition de l'Impressionnisme. Ces oeuvres de Verlaine, Debussy et Monet basent leur contenu dans la Nature, depuis laquelle les thèmes de l'eau et du temps sont exprimés. Les méthodes, fort différentes pour chaque média, ont en commun une fluidité qui rappelle l'impression de l'eau et de la lumière, ainsi que la furtivité de chaque instant qui passe.

L'eau, source de vie, symbole de pureté, image typiquement impressionniste dans ses capacités d'exprimer l'atmosphère d'un instant, devient un élément central pour chacune de ces oeuvres. Pour Monet, l'eau est aussi bien un thème de temps, dans lequel ciel et mer sont joints dans le reflet éternel d'un instant, qu'une méthode de peindre, un mélange de couleurs et de lumière. Debussy, ne pouvant que faire appel à l'ouie, créé une musique évocatrice pour dessiner une image: sa méthode reproduit l'effet de la pluie avec des notes courtes, mélangées ensuite par l'emploi de la pédale, d'une manière similaire aux coups de pinceau rapides de Monet. Pour Verlaine, la poésie devient aussi un phénomène liquide, dont les sons "o", "eu", et "l" produisent une sonorité longue et fluide. Dans les trois médias, un rythme berceur, un mouvement constant de couleurs, de syllabes et de sons, créé une atmosphère imprécise, le portrait éternel d'un instant fugitif.

Lecture de "Chanson d'automne"
La capture d'un instant évoque l'importance du temps dans l'art impressionniste. "Chanson d'Automne" fait appel aux cycles du temps, aux saisons qui mesurent les années, tout en communiquant l'état d'âme momentané du poète. Cet état d'âme verlainien prend la forme d'une mélancolie exprimée par un rythme lent, des sonorités longues et sombres, et des rimes plates et embrassées. Debussy, cherchant l'effet de la pluie, emploie plutôt un rythme rapide, de notes courtes brouillées par la pédale. De même, Monet capture un instant d'un crépuscule de plus en plus sombre dans un mélange de couleurs sans limites. Comme le ciel et la mer de Monet qui se touchent pour refléter le cycle interminable de jour et de nuit, la pièce de Debussy retrouve à la fin l'expression du début, formant ainsi une composition circulaire. Sans début et sans fin, les saisons et les jours se renouvellent, mesures infinies du temps qui passe.

Ecoutez Angela jouer "Jardins sous la pluie"
De trois médias faisant appel à des sens différents, nous retrouvons une définition de l'Impressionnisme. Entre la peinture de Monet, la poésie de Verlaine, et la musique de Debussy, des thèmes et des méthodes forment des liens concrets. L'eau devient une image sur toile, une sonorité fluide d'un poème, un mélange de notes rapides. Le temps se présente sous forme d'un instant visuel, un état d'âme momentané, un rythme de sons, ainsi qu'une immortalité des cycles saisonniers et journaliers. Des méthodes des artistes émanent ensuite une impression qui englobe tous les sens: la musicalité des vers de Verlaine, la visualité de l'image évoquée par Debussy, et l'atmosphère que personnifie Monet dans son oeuvre, se complémentent dans un ensemble totalisant la définition de l'Impressionnisme.
Retour