"Fleur de Paris"

1944

Maurice Chevalier

 


Mon épicier l'avait gardée dans son comptoir
Le percepteur la conservait dans son tiroir
La fleur si belle de notre espoir
Le pharmacien la dorlotait dans un bocal
L'ex-caporal en parlait à l'ex-général
Car c'était elle, notre idéal.

{Refrain1:}
C'est une fleur de Paris
Du vieux Paris qui sourit
Car c'est la fleur du retour
Du retour des beaux jours
Pendant quatre ans dans nos coeurs
Elle a gardé ses couleurs
Bleu, blanc, rouge, avec l'espoir elle a fleuri,
Fleur de Paris

Le paysan la voyait fleurir dans ses champs
Le vieux curé l'adorait dans un ciel tout blanc
Fleur d'espérance
Fleur de bonheur
Tout ceux qui se sont battus pour nos libertés
Au petit jour devant leurs yeux l'ont vu briller
La fleur de France
Aux trois couleurs.

{Refrain2:}
C'est une fleur de chez nous
Elle a fleuri de partout
Car c'est la fleur du retour
Du retour des beaux jours
Pendant quatre ans dans nos coeurs
Elle a gardé ses couleurs
Bleu, blanc, rouge, elle était vraiment avant tout
Fleur de chez nous.


Cette chanson que chante Maurice Chevalier est pleine de symbolisme. En général, la « fleur de Paris » est la patrie ou l’esprit français. Mais aussi, presque chaque vers décrit un autre aspect que la fleur symbolise en particulier. Les premiers vers disent « mon épicier l’avait gardée dans son comptoir, le percepteur la conservait dans son tiroir. » Je crois que c’est une référence aux faux papiers que les Résistants faisaient. Ce qu’ils cachaient peut être aussi le procès verbal des rentrées d’argent. Par exemple, si un percepteur ne reportait pas la vraie quantité qu’on avait produite c’était une forme de résistance. Le cinquième vers dit : « l’ex-caporal en parlait à l’ex-général ». Ce vers parle de Charles de Gaulle et les Forces Françaises Libres ainsi que ceux qui se sont battus contre les Nazis. Le sujet de la chanson est une commémoration de la lutte du peuple français pendant l’Occupation. Les paroles ne parlent pas seulement des gens qui étaient dans la Résistance. Elles décrivent aussi les personnes ordinaires et leurs actions de tous les jours mais importantes.

Dans le refrain, les paroles parlent de la France avant l’Occupation et la guerre. Elles mentionnent le « vieux Paris qui sourit » et que « c’est la fleur du retour, retour des beaux jours ». Les « beaux jours » signifient la vie avant l’Occupation et la douleur de la guerre. La fleur de Paris symbolise l’espoir et la patrie aussi : « elle a gardé ses couleurs, » (12) comme les gens ont gardé leur espoir et la patrie et l’esprit de résistance. Beaucoup de gens n’ont pas collaboré avec les Nazis. Ils ont gardé leurs convictions. La fleur est aussi le drapeau français : « Bleu, blanc, rouge, avec l’espoir elle a fleuri, Fleur de Paris ». (13-14) C’est quelque chose que le peuple français peut partager, une chose avec laquelle ils peuvent s’identifier. On pouvait y penser ou le regarder et savoir qu'il y avait ses frères qui luttaient aussi comme lui.

La troisième strophe commence avec un contraste entre les paroles et la réalité pendant la guerre, qui signifie l’espoir que la vie changerait.
« Le paysan la voyait fleurir dans ses champs
Le vieux curé l’adorait dans un ciel tout blanc »
D’abord, ce qu’un paysan cultivait, il devait le donner au gouvernement de Pétain et à l’Occupant. Quant au ciel pendant la guerre, probablement, ce n'était pas tout blanc. Probablement qu’il y avait des avions de guerre. Les références au « paysan » et au « vieux curé » impliquent que la fleur de Paris est ce que beaucoup de paysans et de curés ont fait pendant la guerre. Souvent, les paysans et les curés cachaient les juifs ou les autres réfugiés. Le paysan et le curé sont aussi une référence au gouvernement de Pétain, pour lequel l’aspect agricole de la France et le catholicisme étaient importants. Cependant, beaucoup des paysans et curés n’étaient pas soumis aux mandats de Pétain. Par contre, ils participaient à la Résistance. Ces connotations des paroles veulent dire que la vraie France gardait ses idéaux de justice et de liberté, et que parce que les gens avaient gardé l’espoir, maintenant ils ont tromphé. La fleur de Paris est comparée au soleil levant : « Au petit jour devant leurs yeux l’ont vu briller ». Le soleil levant peut signifier que la nuit (la guerre) est finie, et que maintenant, le soleil (le bonheur, la liberté, la paix) est revenu.

Dans cette chanson, il y a beaucoup de rimes et d’allitérations. Tous les vers riment ensemble et les vers ont des rimes intérieures aussi. C’est une rime plate qui crée un rythme puissant. Par exemple,
« du vieux Paris qui sourit
Car c’est la fleur du retour
Du retour des beaux jours »
« Paris » rime avec « sourit » et il y a aussi l’allitération de « r ». « Fleur, » « retour, » et « jours » riment. Ces procédés poétiques rendent les paroles plus mélodiques. La répétition rapide des sons et le rythme créent un sentiment énergique et positif. Ce sentiment heureux accompagne bien le sujet de la chanson : l’espoir et la victoire.

La musique est utilisée pour souligner les mots importants dans les paroles. Par exemple, dans le troisième vers, « belle » est allongé, et le rythme est staccato pour souligner le mot « espoir ». De plus, les notes deviennent plus aiguës. L’effet créé est comme s’il y avait un point d’exclamation au bout du vers. Dans le sixième vers, il y a un point d’orgue avant que le chanteur dise « notre idéal », qui est allongé. Les notes finissent de façon aiguë ici aussi. Le dixième vers a un rythme staccato et mi-temps qui contraste avec les autres vers plus mélodieux et courants. Il y a aussi les trompettes après qui accentuent ce vers. La même stratégie est utilisée de nouveau dans le treizième vers pour « bleu, blanc, rouge. »

La voix du chanteur Maurice Chevalier présente le sens des paroles plus clairement. La manière dans laquelle il chante accentue l’esprit de triomphe dans la chanson. Sa voix est forte et résonante. Il chante avec beaucoup d’énergie. Le troisième vers, par exemple, est un éclat de jubilation devant la fin de l’Occupation. Sa voix devient plus forte et exubérante pour certains vers et certains mots ; dans ce cas, sa voix grandit dès le mot « belle » et finit par le cri « notre espoir ». Dans le sixième vers, l’exubérance de sa voix combinée avec le rythme et les notes aiguës au bout du vers crée une impression d’élévation vers des hauteurs du bonheur. Les fluctuations de volume communiquent l’esprit de triomphe. De plus, à la fin de la chanson, quand Chevalier ne chante pas des mots mais il fait des sons « ba da ba ba DAN ! », sa voix exprime la joie et la satisfaction d’avoir réussi à expulser les Occupants.

« Fleur de Paris » est une chanson d’espoir et de triomphe. Les paroles honorent ceux qui ont gardé l’espoir et l’amour de la patrie. La musique, les trompettes, et la voix de Maurice Chevalier ajoutent plus de force et d’émotion à la chanson. Ensemble, elles communiquent la joie de savoir que le bien a réussi et que la guerre sera bientôt finie.

 

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page créé par Linda Hahn