Paul Eluard
ANALYSE DE « Comprenne Qui Voudra » PAR PAUL ELUARD
Paul Eluard a publié « Comprenne Qui Voudra » en 1944.
Ce poème fait partie d’un groupe des poèmes nommé « Au Rendez-vous Allemand
». Mais celui-ci est différent des autres poèmes parce qu’Eluard exprime son
indignation contre les Français. Il s’occupe des femmes tondues pendant
l’épuration. Les « femmes tondues » étaient des femmes punies pour avoir
collaboré ou couché avec les Nazis. C’était un rituel de violence contre les
Français mais aussi exécuté par les Français, souvent par les résistants
eux-mêmes. Eluard n’exprime pas la colère contre les Nazis ; il suggère que
personne n’a besoin de plus de violence contre les Français, particulièrement
s’ils l’infligeaient à leur propre peuple. Eluard, bien qu’il déteste les
Nazis, avait de la compassion pour les femmes.
Il avait toujours compris leur souffrance ; il a cru
que les mères, les filles, et les amantes avaient perdu le plus pendant la
guerre. Ce thème est évident dans tout ce poème pendant qu’il parle des
atrocités commises contre les femmes Françaises. Avant le poème, Eluard a écrit un petit passage pour
introduire son poème et pour clarifier son sens. Sa frustration est évidente.
Il dit qu’on punissait les femmes pour ne pas châtier les Nazis, même s’ils
étaient les vrais coupables. Le reste du poème veut disculper les femmes,
mais ici Eluard exprime où il croit que la vraie culpabilité réside. Il
utilise un temps passé, pour séparer les actions de la guerre de celles
d’après. Les femmes tondues alors deviennent des choses historiques, des
victimes de l’histoire et de la guerre. Le premier vers de ce poème, qui est aussi le titre,
est une invitation, peut-être un défi. Il dit « Comprenne qui voudra »,
demandant qu’on l’écoute. Beaucoup de Français, non seulement le
gouvernement, ont tondu les femmes, et alors Eluard s’adresse à tous les
Français. Le titre et le premier vers sont alors ouverts à n’importe qui. Des
le premier vers, il les défie de changer leur avis, d’accepter les besoins et
les actions des femmes sans les juger. Après cette invitation, il parle de «
son remords ». L’utilité de sa propre voix continue l’idée d’une invitation à
l’écouter et à partager ses sentiments. De plus, Eluard veut dire que son
remords ne réside pas dans la violence des Nazis, que les Français ont essayé
d’arrêter. Son remords se trouve dans la violence des Français contre les
Français. Après, il parle d’une expérience personnelle, quand il
a vu une femme tondue laissée dans la rue. Il la décrit avec des mots tristes
dans des vers courtes et simples. Il appelle la fille « la malheureuse », ce
qui indique la tristesse et le désespoir qui caractérisent la situation. Les
vers suivants soulignent le caractère de cette femme. Elle est une victime «
raisonnable », qui veut dire que ses raisons pour ce qu’elle avait fait sont
rationnelles et humaines. Sa robe est « déchirée » : d’habitude, les victimes
étaient à demi ou totalemen nues quand elles étaient tondues. La malheureuse
est comme un « enfant perdue », jeune et impuissante. Eluard insiste qu’elle est
une victime. Les deux adjectifs suivants riment et suggèrent qu’elle a une
beauté détruite. Elle est « découronnée », ayant perdu sa valeur et sa place
dans la société. Elle pourrait avoir perdu cette beauté soit en collaborant
soit en étant tondue. Mais la combinaison était certainement fatale pour son
honneur. Elle est aussi « défigurée », un mot qui suggère non seulement la
perte de son honneur mais aussi la violence physique. Cette violence peut
aussi indiquer deux choses. L’une, si elle a couché avec un Nazi ; l’autre,
quand elle était tondue violemment en public. Eluard peut dire alors que deux
pays—que les deux côtés de la guerre—ont violé cette fille. Il continue à
dire qu’elle « ressemble aux morts », restant sur les pavés, robe détruite.
Même si elle avait été découronnée et défigurée par les Nazis, il n’y a pas
de doute que c’était les Français qui l’ont faite ressembler aux morts. En
plus, elle est comme « qui sont morts pour être aimés », qui indique qu’elle
était ‘morte’ pour des raisons semblables. Les Français l’ont ‘tuée’
peut-être parce qu’elle avait couché avec un Nazi, quelque chose qu’elle a
fait probablement pour se sentir aimée. La guerre é ceuxtait difficile pour
tout le monde ; bien qu’Eluard ait cru dans la résistance, il croyait aussi
dans l’importance de l’amour. L’amour pour lui est toujours une exception, et
il faut aimer sans égards pour le moment historique.
Mais cette femme n’est pas encore si simple. Elle pourrait
aussi représenter toute la France, victime des Nazis. Il y a alors une
hiérarchie de violence : les Nazis violaient les Français, les Français ont
violé cette femme. Si on considère que la fille peut être la France, on voit
les deux côtés de ces personnages. Si la jeune fille a collaboré avec un
Nazi, elle n’avait peut-être pas raison mais il faut comprendre ses raisons
avant qu’on la torture. Souvent, les femmes tondues étaient des prostituées
qui ne pouvaient pas s’occuper de politique ; il fallait manger. De même, la
France a dû accepter le règne des Nazis parce qu’ils étaient plus puissants.
Ils résistaient, mais encore il fallait vivre et manger. Alors, si la
malheureuse représente la France, c’est clair que les Nazis ont détruit sa
valeur. Le mot « découronnée » suggère fortement que la femme est un symbole
de la France. La France est historiquement une monarchie puissante et
formidable, et ce sont les Nazis qui ont vraiment détruit cette image. Ils
ont enlevé sa gloire et sa splendeur. Ils l’ont aussi défigurée en prenant
l’Alsace, une région de la France disputée entre les deux pays pendant
longtemps. Les mots à la fin de la première strophe peuvent être les soldats
français, qui sont morts pour leur pays et la liberté. On pourrait dire qu’ils
sont morts pour être aimés, parce qu’il sont morts pour l’amour du pays et de
la liberté, et pour permettre aux générations suivantes de vivre et d’aimer. La deuxième strophe est composée de trois vers d’un air
funèbre. Une jeune fille « faite pour un bouquet / Et couverte » continue
l’idée de la mort. Mais la mort de la jeune fille ne valait pas un bel
enterrement ; sa vie entière ne méritait qu’un bouquet. De plus, elle n’est
pas couverte par la terre riche. Au lieu d’un enterrement normal, elle reste sur
le pavé, couverte du « noir crachat des ténèbres ». Le crachat indique un
manque de respect pour elle, qui était perdue dans le déshonneur. Contrairement, la strophe suivante dit qu’elle est « galante
». Eluard alors souligne l’injustice de son destin. Il la compare à « une
aurore de premier mai », un temps qui indique beaucoup d’espoir. Le premier
mai est la Fête du Travail, un jour historiquement célébré par le prolétariat
et les gens ordinaires. L’aurore du premier mai alors indique un moment de
beaucoup d’espoir pour tous les Français, car c’est le début d’une journée de
victoire pour eux. Cette journée peut symboliser le début d’une nouvelle
égalité, parmi tous les Français est aussi le monde entier. Dans le dernier
vers, Eluard compare la jeune fille à « la plus aimable bête ». Le mot « bête
» suggère l’instinct sexuel de la fille, qui l’a peut-être menée à une
relation avec les Nazis. En même temps, ce mot suggère son innocence et son
impuissance. L’idée d’une bête continue dans la prochaine strophe.
Eluard l’appelle « une bête prise au piège », qui continue la suggestion de
sa naïveté et son innocence. Si on voit la jeune fille comme symbole de la
France, on pourrait dire que le « piège » pour la France était l’apaisement
d’Hitler. Pétain allait offrir le service du travail obligatoire pour les
jeunes français, mais en réalité, l’échange était un piège d’Hitler. Le mot «
souillée » continue une idée des premières strophes aussi, celle de la destruction
de sa beauté. Une fois, elle était belle et innocente et pure ; mais elle a
été violée à la fois par les Nazis et les Français. Elle est devenue
corrompue et sale. La forme des deux vers au début de cette strophe est aussi
significative.
Eluard répète les mots « souillée » et « bête » deux
fois. Il souligne leur importance, parce qu’ils signifient les
caractéristiques les plus importantes de la jeune fille. Les mots ont une forte
connotation de saleté et de manque de morale. Eluard pose une question quand
il dit « Souillée et qui n’a pas compris / Qu’elle est souillée ». C’est
semblable à l’invitation au début du poème. Son rapport avec le lecteur est
très intime. Le mot « souillée » se trouve au début du premier vers est à la
fin du deuxième ; cela fait une impression puissante, en enfermant les deux
vers dans un mot. La technique d’Eluard dans ce poème est de présenter
l’évidence avec force pour convaincre le lecteur que les femmes ne devaient
pas être torturées. La dernière strophe nous ramène à la situation triste
de la jeune fille. Le cercle de vie des femmes devient complet avec les mots
« femme » et « mère ». Eluard a parlé d’une jeune fille, d'une femme, et
d'une mère. Eluard dit que sa mère voudrait garder l’image de cette fille
coincée par une force plus forte et malicieuse qu’elle. Dans le dernier vers,
Eluard dit que le malheur de cette situation est le malheur de sa mère. Mais
sa mère n’est pas simplement sa mère ; parce qu’il dit « ma mère la femme »
dans le premier vers, il suggère que sa mère est une partie de la plus grande
catégorie de toutes les femmes. Ainsi on peut voir sa mère comme symbole pour
toutes les femmes et filles en France. Alors, Eluard veut dire que ce malheur
est le malheur de chaque femme. Il dit que les femmes voudraient « dorloter »
cette « image idéale », une image poétique de la réalité. Le verbe « dorloter
» est très maternel et souligne le tourment des femmes. Il suggère une femme
qui garde « cette image idéale » au lieu d’un amour vrai, une femme qui
remplace son amour pour un enfant ou un mari avec un portrait de souffrance. Eluard veut communiquer que la tonte des femmes est un
grand problème qu’on ne peut plus ignorer. Ceci est le but de son poème : il
veut appeler les femmes à réagir contre la tonte de leurs sœurs. Le mot «
malheur » suggère aussi le nom « la malheureuse » qu’Eluard a utilisé au
début du poème. Les derniers mots, « sur terre », ont aussi un double sens.
Le premier sens est dans le monde, pendant la vie. Ce malheur est un malheur
plus grand, le malheur des femmes partout. Le deuxième sens est un lien avec
le début du poème, quand il décrit la jeune fille comme « sur le pavé », ou
sur la terre. Ce malheur est plus spécifique, parce qu’il se rapporte
uniquement à la jeune fille. La fin de « Comprenne Qui Voudra » complète le cercle
dans la structure de ce poème. Au début, Eluard lance un défi aux Français.
Le corps du poème donne de l’évidence pour son cas pour une femme. La fin
étend le problème de la jeune fille à toutes les femmes et explique pourquoi
on ne peut plus l’ignorer. Eluard n’acceptait jamais la violence contre son
peuple, infligé par n’importe qui. Quand les Français ont puni les autres
Français pour leurs actions, Eluard croyait qu’on se divisait, quand c’était
nécessaire de s’unifier contre l’ennemi le plus grand.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||
L'espoir pendant L'Occupation |