"Out of Breath?"
La traduction du titre français, À bout de souffle
par Jean-Luc Godard, est Breathless en anglais, mais un autre titre possible
qui exprime et encadre le thème du film est “Out of Breath.”
“Out of Breath” donne naissance à beaucoup plus d’interprétations
possibles que Breathless, qui a une connotation qui diffère de “out
of breath.” Le film est du style de la nouvelle vague et donc approfondit
le sens du thème du souffle. Michel Poiccard, un criminel
par profession, est le personnage principal qui mène une vie chaotique.
Il est toujours en train de faire quelque chose qui exige l’impermanence
dans sa vie avec sa profession, les femmes, les endroits qu’il fréquente,
et ce qu’il envisage pour l’avenir. Patricia est aussi un personnage
qui ne reste jamais au même endroit, mais qui, à cause de
son indépendence, fait ce qu’elle désire. Le style
de Jean-Luc Godard et de la nouvelle vague apportent beaucoup de mouvement
et permettent la liberté de faire traduire le sens de la vitesse
des événements au film. Enfin l’impermanence, la vitesse,
le mouvement, la chasse, les personnages, les scènes et la ville
Paris laissent les spectateurs À bout de souffle. “Out
of Breath” implique un manque de voix aussi, qui paralyse souvent les personnages
et mène une action très fatigante à une fin.
La scène avec la mort douloureuse de Michel représente le
thème et le titre de ce film. Michel ne veut plus courir parce
qu’il ne veut plus être À bout de souffle, et malheureusement,
sa mort lui apporte une permanence tragique.
La poursuite
Michel
mène une vie qui exige la discretion, l’évasion, le mouvement
et l’impermanence. Comme criminel, il ne sait jamais ce qui va lui
arriver. Il est obligé de fuir quand sa liberté ou
sa vie est en danger, et il doit pouvoir trouver des solutions très
rapidement. Michel vole les voitures pour les vendre, et donc pour
échapper à la police, il doit pouvoir l’exécuter assez
rapidement. Il est un criminel libre pour le moment, mais après
avoir tué un agent de la police, les nouvelles circulent partout
à Paris. Son nom apparaît dans les journaux, à
la radio et même sur les signes électroniques. Sa photo
est dans tous les journaux aussi. À ce point sa liberté
est vraiment menacée et jusqu’à ce qu’il puisse obtenir de
l’argent pour quitter Paris pour l’Italie, il doit faire très attention.
Il continue à voler des voitures et il est conscient qu’il ne devrait
pas fréquenter les endroits publics où quelqu’un peut l’identifier
et le reconnaître. Malheureusement il le fait quand même,
mais en général il ne reste pas aux mêmes endroits
pendant longtemps, sauf s’il sait qu’il pourra y rester sans danger.
Il est souvent en train de marcher, courir ou conduire dans les rues.
Il essaie de chercher, chasser ou échapper à quelqu’un.
Le seul endroit où il peut rester est l’appartement de Patricia.
Mais ces obligations fatiguent Michel. Il n’a plus la liberté
d’aller et de faire ce qu’il veut, et il est complètement à
bout de souffle. Il ne veut pas partir pour l’Italie sans Patricia,
qui lui donne au moins une idée de la permanence vis à vis
des femmes. Mais quand elle refuse et le dénonce à
la police, il renonce à sa vie sans repos pour un repos éternel.
La parole
Michel aussi manque de parole et ne peut pas s’exprimer avec Patricia.
Il veut ressembler à Humphrey Bogart, comme dans les films de gangsters
et fait un geste de l’acteur très connu. Michel désire
être un homme très masculin et sophistiqué et veut
laisser les femmes Breathless. Mais ce désir le laisse sans
voix et sans parole parce qu’il ne peut pas exprimer ses sentiments à
Patricia. Il ne veut pas s’ouvrir parce qu’il a peur d’être
vu comme quelqu’un de vulnérable et de féminin. Son
amour et la beauté de Patricia le rend Breathless aussi. Il
est un criminel violent mais avec les femmes il ne trouve pas de voix.
Patricia et l'amour
Patricia
est une femme américaine qui vit à Paris, mais elle n’est
pas la femme typique de cette époque. Elle est plus profonde
et a beaucoup de conflits entre son désir d’être indépendante
des hommes et ses sentiments pour Michel. Elle travaille pour le
New York Herald Tribune, et a sa profession à elle comme journaliste.
Pour son emploi elle ne reste jamais au même endroit. Elle
vend des journaux dans les rues et elle assiste aux entretiens avec des
gens célèbres. Elle est très libre et fait ce
qu’elle veut parce qu’elle n’a pas peur. Mais Patricia reste toujours
indécise. Elle ne sait pas comment s’habituer à aimer
Michel, parce que pour elle, l’amour implique la dépendance.
Elle ne veut pas qu’il influence trop ses émotions et s’impose trop
sur sa liberté quand il va et vient dans sa vie. Enfin son
indécision la fatigue et la met à bout de souffle.
Elle le dénonce à la police pour mettre une fin à
sa dépendance et pour saisir la parole encore une fois pour elle-même.
La nouvelle vague
L’histoire
se déroule à Paris et comme film de la nouvelle vague, Godard
n’a pas dû construire les scènes. Tout est réel: les
chambres, les immeubles, les cafés, les endroits. Ce style est
avantageux et permet beaucoup de mouvement parce que l’histoire n’est pas contrainte
à se dérouler à seulement quelques endroits. Il a
la liberté de filmer n’importe où sans rien payer. Comme
Michel vole les voitures, Godard le montre souvent en train d’en conduire une
pour aller quelque part. Cette profession implique aussi beaucoup de mouvement
de caméra qui le suit d’un endroit à un autre. Donc la caméra
ne reste pas souvent dans la même position mais bouge aussi autant que
les acteurs et les actrices. La nouvelle vague a aussi apporté
plus de sens au titre du film parce que les scènes se succèdent
l’une après l’autre avec beaucoup de rapidité. La suite
des scènes contribue au sentiment de la vitesse et de son effet, qui
est de laisser les spectateurs, qui essaient de suivre la vitesse des événements,
aussi à bout de souffle.
Paris
La
vie quotidienne à Paris implique aussi le mouvement parce que c’est
une ville très grande avec beaucoup d’habitants et des touristes
partout. À Paris, comme dans la plupart des grandes villes,
les gens sont toujours pressés. Ils marchent très rapidement
et les voitures menacent d’écraser les gens dans les rues.
À Paris, la rapidité de la vie qui laisse les gens à
bout de souffle, est la ville parfaite pour le film avec des endroits divers
et réels. Paris convient aussi au film parce qu’il y a beaucoup
de gens qui lisent les journaux. Les nouvelles circulent partout
dans les journaux, la radio et même des signes électroniques.
Comme tout le monde voit la photo de Michel dans les journaux, il n’est
plus possible pour lui de se promener dans les rues comme avant.
La suite des événements ne serait pas possible dans une petite
ville sans beaucoup d’habitants. Même si Michel Poiccard, le
criminel le plus connu de tout Paris, ne sera pas attrapé à
cause des nouvelles mais à cause de Patricia, les nouvelles permettent
certains événements qui apportent des soupçons et
du suspens au film. Ceux-ci qui viennent de la poursuite et de la
chasse, et l’humour qui vient des réactions des gens qui le reconnaissent
dans les rues mais qui sont trop choqués pour prononcer un seul
mot.
L’aéroport
La scène dans laquelle Patricia est dans un entretien à l’aéroport
représente aussi le style de la nouvelle vague et approfondit le
sens du titre du film. Par exemple, la caméra ne reste pas
longtemps sur elle ou sur l’homme mais change entre eux sans cesse.
La succession des événements dans la scène est très
rapide. Chaque journaliste pose sa propre question à la fois
et l’une après l’autre, pendant que le soleil brille derrière
le visage de Patricia comme un ange. L’effet crée est un sens
de légèreté ou de rêve d’un monde éphémère.
La mort de Michel
La dernière scène du film signifie la frustration et la fatigue de Michel. Il a de l’argent pour fuir en Italie, mais comme Patricia ne veut pas partir avec lui, il ne veut plus supporter l’impermanence de sa vie. Il refuse de partir dès que Patricia lui disait qu’elle l’avait dénoncé à la police. Il est blessé par une balle pendant la fuite et lentement, pas à pas, il ralentit et tombe dans la rue. À la fin, l’angle de la caméra est du point de vue de Michel qui voit le ciel et le visage de Patricia, qui est encore comme la représentante du ciel, et aussi du point de vue de Patricia qui voit Michel de haut en bas en train de mourir. La légèreté de la caméra permet à Godard plus de liberté pour communiquer l’idée de la course, la chasse et la vitesse. À ce point, Michel est vraiment à bout de souffle.